Dans cette étude parue lundi 23 janvier dans la revue scientifique britannique Nature Geoscience, deux géophysiciens chinois affirment que la rotation du noyau interne de notre planète s’est récemment interrompue. Selon eux, ce noyau suit un cycle de sept décennies et changerait donc de sens tous les 35 ans.

Cette dynamique est due au fait que notre planète n’est pas composée de matières homogènes – autrement dit, n’est pas solide à 100% –, explique Ahmed Bensalmia, professeur de géophysique à la faculté des sciences d’Ain-Chock de l’Université Hassan II de Casablanca, joint par Médias24.

Composé de fer et de nickel, le noyau interne de la Terre est solide, tandis que le noyau externe est liquide. C’est justement cette hétérogénéité dans la composition du globe qui fait que sa rotation n’est pas constamment la même, poursuit Ahmed Bensalmia.

Lorsque le noyau interne, étant solide et suivant ce cycle de 70 ans, tourne dans le même sens que la Terre, il s’ensuit une relative accélération de la rotation de notre planète, poursuit-il. Lorsqu’il tourne dans le sens contraire, il en induit une décélération.

« Quelques fractions de millisecondes pendant la journée »

« De ce fait, l’impact de cette dynamique sur la vie à la surface de la Terre est pratiquement imperceptible, puisqu’il ne s’agit que de quelques fractions de millisecondes pendant la journée », explique encore Ahmed Bensalmia.

Quant aux répercussions de ce phénomène sur le champ magnétique terrestre, cela entre dans ce que l’on appelle les « variations séculaires du champ magnétique terrestre », qui désignent le lent changement du champ magnétique terrestre sur des périodes allant de quelques années à des millénaires. Il s’agit de répercussions sur le champ « électrique » du noyau externe de la planète, qui ne se ressentent pas à l’échelle humaine, indique Ahmed Bensalmia.

Concernant l’étude des deux géophysiciens chinois, le professeur estime qu’elle « entre dans le cadre de l’affinement de la connaissance scientifique de la structure interne du globe terrestre », qui ne serait pas un phénomène nouveau. Selon lui, cette dynamique témoigne de la vivacité de la planète, qui ne peut être considérée comme « figée », a contrario des planètes Mars et Vénus.