Nouvelle brouille en perspective entre le Parlement européen et le Maroc ? Ce jeudi 16 février, le Parlement européen a adopté 11 textes, parmi lesquels une résolution sur le suivi des mesures demandées par le Parlement pour renforcer l’intégrité des institutions européennes. Les eurodéputés y « expriment leur profonde inquiétude face aux allégations de corruption de la part des autorités marocaines ».
Cette résolution, adoptée par 401 voix pour, 3 voix contre et 133 abstentions, succède aux enquêtes ouvertes après les allégations de corruption de députés actuels et anciens par le Qatar. Le nom du Maroc a été cité plus tard dans le cadre de ce dossier sans qu’aucune preuve ne soit apportée.
Dans le cadre de cette résolution, les eurodéputés vont plus loin et appellent à ce que les mesures prises à l’égard des représentants du Qatar soient étendues à ceux du Maroc. La résolution ne précise pas clairement la nature de ces mesures.
Voici le passage exact de la résolution, le point 19, où le Maroc est cité : le Parlement européen « se félicite des mesures adoptées à l’égard des représentants du Qatar à la suite des révélations ; exprime toutefois à nouveau sa profonde inquiétude face aux allégations de corruption de la part des autorités marocaines ; demande la mise en œuvre des mêmes mesures à l’égard des représentants du Maroc ; réaffirme sa détermination à enquêter pleinement sur les cas de corruption impliquant des pays qui recherchent une prise d’influence au Parlement, et à prendre les mesures qui s’imposent à cet égard ».
Le 15 décembre 2022, le Parlement européen avait adopté une résolution sur les soupçons de corruption par le Qatar et, plus largement, sur la nécessité de transparence et de responsabilité au sein des institutions européennes, dans laquelle il était question de « la suspension des titres d’accès des représentants d’intérêts qatariens, conformément à l’article 123 de son règlement intérieur, jusqu’à ce que les enquêtes judiciaires fournissent des informations et des éclaircissements pertinents ».
Lahcen Haddad, président de la commission parlementaire mixte Maroc-Union européenne, estime qu’il s’agit d’un acte d’hostilité gratuit à l’encontre du Maroc, dont témoigne le rejet de l’amendement conditionnant la prise de mesures par des preuves.
L’amendement proposé par le député Jacek Saryusz-Wolski au nom du groupe ECR (European Conservatives and Reformists) a été rejeté : « se félicite des mesures adoptées à l’égard des représentants du Qatar à la suite des révélations ; (…) demande la mise en œuvre des mêmes mesures à l’égard des représentants du Maroc si les allégations sont confirmées… »
Une preuve de l’hostilité gratuite du @PEStrasbourg contre le #Maroc. Il vient de rejeter un amendement présenté par @ecrgroup qui stipule la confirmation des accusations d’ingérence avant de prendre des mesures contre lui @AnaMirandaMEP @thijsreuten @MartineAubry @ThierryMARIANI pic.twitter.com/JfRDYnyohJ
— Lahcen Haddad, PhD (@Lahcenhaddad) February 16, 2023
Il s’agit de la deuxième résolution votée par le Parlement européen ciblant le Maroc en l’espace de quelques semaines.
https://medias24.com/2023/01/23/emmanuel-dupuy-la-resolution-europeenne-naura-aucun-impact-sur-les-relations-ue-maroc/