Après le rejet – à seulement neuf voix près – d’une première motion transpartisane, celle de l’extrême droite n’a recueilli que 94 voix sur les 287 nécessaires. La colère est cependant loin de faiblir dans le pays, où la mobilisation se poursuit.

Ces motions sont consécutives au recours le jeudi 16 mars, par le gouvernement, à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote, si aucune motion de censure n’aboutit. Les débats sur ces deux motions ont eu lieu dans l’après-midi dans une ambiance électrique, marquée par des députés qui ont quitté l’Hémicycle à plusieurs reprises selon les orateurs.
Depuis le 19 janvier, des centaines de milliers de Français ont manifesté à huit reprises pour dire leur refus de cette réforme. Après deux mois de concertations et une intense mobilisation syndicale et populaire contre le projet, le passage en force de l’exécutif a été vilipendé par l’opposition qui juge la réforme « injuste », notamment pour les femmes et les salariés aux métiers pénibles.
La France est l’un des pays européens où l’âge légal de départ à la retraite est le plus bas, sans que les systèmes de retraite ne soient complètement comparables. Le gouvernement a fait le choix d’allonger la durée de travail pour répondre à la dégradation financière des caisses de retraite et au vieillissement de la population. Nombre d’analystes estiment d’ores et déjà que cette réforme et la contestation qu’elle a entraînée laisseront une trace indélébile sur le second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Grèves et manifestations prévues le jeudi 23 mars

Pendant ce temps, les manifestations de colère se poursuivent. Routes bloquées, transports perturbés, hall d’aéroport et campus occupés, actions de mobilisation dans les lycées…

Des manifestations sur des échangeurs routiers ou sur les rocades de plusieurs villes ont entraîné des ralentissements ou des blocages de la circulation.

A Paris, le ramassage des ordures est toujours perturbé, malgré les réquisitions ordonnées par le préfet.

Des actions ont émaillé dans l’après-midi le lancement des épreuves de spécialité du baccalauréat, même si le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, a estimé qu’il n’y avait « pas de points d’inquiétude particuliers ».

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes d’annuler mardi et mercredi 20% de leurs vols à Paris-Orly et à Marseille-Provence (sud-est).

De nombreuses stations-service étaient affectées dans le sud-est du pays par des pénuries de carburants, sur fond de grèves des expéditions dans les raffineries.

Et des étudiants parisiens ont voté lundi l’occupation de la faculté de Tolbiac.

Une nouvelle journée de grèves et de manifestations est prévue le jeudi 23 mars à l’appel des syndicats.