Le coût de production des fruits et légumes a été impacté à la hausse par l’augmentation des prix des intrants et du coût des charges sociales et fiscales selon l’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (APEFEL).

La présentation qu’ils ont faite à la mission exploratoire parlementaire sur les réseaux de distribution des produits agricoles montre, chiffres à l’appui, l’augmentation des prix de plusieurs intrants, notamment ceux des engrais, des pesticides, du plastique, du transport, de l’énergie et de l’eau.

Les coûts ont également augmenté pour des raisons légales. Le coût de la main-d’œuvre a augmenté à cause de l’augmentation du salaire minimum agricole garanti (SMAG) et la généralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO). L’APEFEL anticipe aussi une suppression de l’exonération de la TVA sur les produits et matériel agricoles.

Augmentation du prix des intrants

L’APEFEL montre comment les prix de plusieurs engrais ont flambé entre mars 2021 et mars 2022, dont l’ammonitrate (+467%), MAP (+61%), sulfate de potasse (+158%), nitrate de potasse (+153%), sulfate de magnésium (+150%), acide nitrique (+151%), acide phosphorique (+64,2%), acide sulfurique (+108%), nitrate de chaux (+255%), urée (+236%).

Les produits de désinfection ont aussi connu une augmentation qui va jusqu’à 40%, selon les types de pesticides. Le prix du plastique a augmenté de plus de 30%, alors que le prix d’autres intrants comme les filets, les gaines de goûte à goûte, les plants de tomates, les adhésifs, le paillage et les ficelles noirs, ont également connu une hausse.

L’augmentation du SMAG de 10% en 2022 a aussi son effet. L’APEFEL estime un effet sur les charges de 20.000 DH par hectare. Le SMAG devra encore augmenter de 5% en 2023, en application de l’accord social, et devra être alignée sur le SMIG à l’horizon 2028.

Le cas de la tomate dans la région de Massa

L’APEFEL présente ensuite une étude de cas de la production de tomate ronde en plein sol, sous serre canarienne, pour un hectare loué dans la région de Massa. Trois situations sont étudiées : celle de l’avant crise Covid, celle de la période actuelle, tandis que la troisième repose sur une hypothèse se basant sur les prévisions futures.

Le total des charges est passé de 623.000 DH dans la première situation à 778.000 DH dans la deuxième. Cette hausse s’est traduite sur les prix de vente, puisque selon l’APEFEL, le prix du kilogramme chez le producteur se situait entre 3,50 et 4 dirhams, alors qu’en début 2022, il est monté entre 4 et 4,50 dirhams.

Les hausses les plus importantes concernent les engrais et biostimulants avec près de 50.000 DH, le coût de main-d’œuvre avec 20.000 DH, les serres et les infrastructures avec près de 18.000 DH et le transport de main-d’œuvre et de la marchandise de 13.000 DH.

Quant au troisième scénario hypothétique, il prévoit d’atteindre un total des charges de 934.180 DH par hectare, prenant en compte la fin d’exonération de la TVA pour les produits et matériel agricoles, et la poursuite de la hausse de plusieurs intrants.

Lors de sa participation au forum de la MAP, le ministre de l’Agriculture Mohammed Sadiki a déclaré que la hausse des prix des intrants était principalement une inflation importée qui a démarré durant la période de la pandémie. Il a reconnu, par ailleurs, que les prix de tous les intrants agricoles avaient augmenté depuis 2020 sans baisser, précisant que cette inflation était moins prononcée au Maroc qu’en Europe.

Ci-dessous, le document de présentation de l’APEFEL en commission parlementaire:

 

https://medias24.com/2023/02/17/analyse-le-prix-de-la-tomate-entre-les-sirenes-de-lexport-et-les-contraintes-locales/