À partir du 25 avril, la France ne pourra plus exporter sa production céréalière en dehors de l’Europe. Plus de 11,5 millions de tonnes de céréales sont concernées par cette décision administrative, rapportent les médias français.

A cette même date, l’utilisation de phosphine, un insecticide, sera interdite en France pour traiter les cargaisons de céréales dans les cales des bateaux. Toutefois, la fumigation de ce produit est obligatoire pour débarquer la marchandise dans de nombreux pays clients de la France, notamment l’Afrique du Nord.

Ces cargaisons ne pourront ainsi plus prendre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient ou l’Asie comme destinations. Le poids sur la balance commerciale céréalière de ces destinations est estimé à 3,8 milliards d’euros, selon ces mêmes sources.

« Le Maroc ne sera pas impacté »

Contacté par nos soins, le président de la Fédération nationale de la minoterie (FNM), Moulay Abdelkader Alaoui, nous assure que le Maroc ne sera pas impacté par cette mesure française, contrairement « à l’Egypte, l’Algérie ou la Tunisie à titre d’exemples, où les importations sont réalisées selon des cahiers de charges gouvernementaux ». Contrairement à ces pays, ce sont des opérateurs privés qui s’occupent de ces importations au Maroc.

« Le Maroc ne sera pas concerné vu que l’on achète le blé selon les options. Ce problème de fumigation est ainsi optionnel. L’ONSSA se rapproche, dans ce genre de situation, avec l’organisme sanitaire français pour trouver une solution idoine », explique t-il. « Nos commandes sont fermes, nos achats ont été faits et déclarés et nous sommes en contact permanent avec les céréaliers de France qui nous ont assuré qu’il n’y avait rien à craindre« , ajoute-t-il.

De son côté, Omar Yacoubi, président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), nous explique qu’il n’y a aucune obligation réglementaire au Maroc qui oblige la fumigation des céréales.

Toutefois, il précise que certains importateurs l’exigent. Il estime ainsi que l’importation du Maroc pourrait diminuer en provenance de la France mais que globalement, cela n’impactera pas la sécurité alimentaire du pays. Et ce, vu que le Maroc ne compte pas uniquement sur le marché français pour subvenir à ses besoins en blé.

En effet, nos deux sources rappellent que le Maroc n’importe pas uniquement de la France mais dispose de plusieurs marchés sur lesquels il peut relayer, à savoir l’Europe du Nord dont la Pologne, la Roumanie ou encore l’Allemagne et l’Amérique latine.

Favoriser l’importation de blé en provenance de la mer Noire

En face, le Royaume offre en ce mois d’avril 2023 une subvention à l’importation de blé, selon un document publié par l’Office national des céréales et des légumineuses (ONICL).

Pour les cargaisons de blé de meunerie expédiées en avril depuis la Russie, l’Ukraine et d’autres pays utilisant les ports de la mer Noire, le Maroc offrira une prime forfaitaire de 70,64 dirhams par quintal (0,1 tonne), légèrement en dessous d’un taux de 71,58 dirhams par quintal pour les autres origines, précise le document.

Cela signifie que les cargaisons de la mer Noire recevraient une subvention d’environ 1 dollar par tonne de moins que les autres origines, alors qu’auparavant, l’écart était supérieur à 10 dollars, explique le Nasdaq.

Cette action fait suite à une décision du Maroc en mars dernier d’accorder la subvention pour les cargaisons chargées jusqu’à la fin du même mois. Il s’agit d’une initiative qui vise à favoriser les expéditions en provenance de la région de la mer Noire.

https://medias24.com/2023/03/09/le-maroc-encourage-les-importations-de-ble-a-partir-des-pays-de-la-mer-noire/