« Le Maroc est un ami, un allié incontournable pour le développement économique de l’Espagne, pour notre sécurité et pour une migration ordonnée en Espagne et en Europe, notre porte d’entrée vers l’Afrique », a soutenu mercredi 19 avril Pedro Sánchez lors de sa comparution devant les députés espagnols, lit-on dans un article de La Vanguardia.

« Nous avons, plus que jamais dans l’histoire de notre démocratie, une grande opportunité de placer les relations entre l’Espagne et le Maroc sous le signe d’une coopération authentique et mutuellement bénéfique. Une relation basée sur le respect mutuel, sur l’absence d’actions unilatérales et sur le respect systématique des accords », a-t-il ajouté.

« Toute action politique doit s’aligner avec la position espagnole sur le Maroc »

« Si quelqu’un souhaite appliquer une politique alternative, il devra indiquer aux Espagnols si celle-ci s’annonce compatible avec tout ce programme d’approfondir une relation stratégique », a poursuivi Pedro Sánchez.

Le président du gouvernement espagnol ajoute : « Nous avons franchi une nouvelle étape, sur des bases beaucoup plus solides, qui va lever les crises récurrentes que nous avons vécues avec le pays voisin. »

Les affirmations de Pedro Sánchez interviennent quelques jours après les propos de la deuxième vice-présidente du gouvernement, Yolanda Díaz, rappelle La Vanguardia.

 

Frontières, douanes commerciales et coopération économique

Sur la gestion partagée des frontières communes, Pedro Sánchez a relevé que la connectivité aérienne et maritime avait été rétablie et que la délimitation des espaces maritimes sur la façade atlantique, dans le cadre du « nouveau climat de coopération », avait repris.

« L’opération ‘traversée du détroit de Gibraltar’ a été relancée. Les pourparlers ont également repris pour rétablir la connexion entre Tarfaya et Fuerteventura », a-t-il ajouté.

Les points de passage au niveau de « Sebta et Melilia, déjà rouvertes, ont rétabli la normalité dans les deux villes (…) Je suis convaincu qu’une ouverture progressive et ordonnée empêchera la reproduction de scènes que nous ne souhaitons plus revoir. Nous allons établir (…) des coutumes régies par les normes internationales, reflet du bon voisinage entre les deux pays », a encore affirmé Pedro Sánchez, soulignant toutefois l’absence de visibilité quant à la réouverture effective des douanes commerciales.

Le président du gouvernement espagnol a expliqué que cette gestion des frontières passait par le renforcement de la coopération en matière migratoire, se félicitant de la baisse des entrées clandestines en Europe depuis l’Espagne, au moment où les flux migratoires irréguliers depuis les autres routes continuent, eux, d’augmenter.

Pedro Sánchez est aussi revenu sur la coopération économique et commerciale avec le Maroc. « Les exportations espagnoles vers le Maroc ont atteint presque 12 milliards d’euros en 2022. Cette tendance se poursuit », a-t-il noté.

« Les entreprises espagnoles vont être les principales bénéficiaires d’un processus qui doit aboutir à un résultat clair. Ces dernières sont présentes dans les plans de développement du Maroc », a conclu Pedro Sánchez.