« Pour la première fois depuis 2019, la RAM va certainement réaliser un chiffre d’affaires convenable à la clôture de son bilan, qui mettra fin à trois ans d’un déficit devenu quasiment chronique« , nous confie une source autorisée, qui table sur un équilibre financier, voire un léger bénéfice, grâce au retour du Maroc sur la carte mondiale des destinations touristiques incontournables.

 « Un premier semestre très rentable »

Membre du conseil d’administration de la RAM, notre interlocuteur justifie son pronostic par la formidable reprise de l’activité aérienne mondiale à laquelle a pris part le Maroc.

A l’appui de ses prévisions, il déclare qu’au cours des six derniers mois, les avions de la compagnie nationale ont été littéralement pris d’assaut par les MRE et les touristes étrangers de séjour, sur toutes les lignes traditionnelles européennes, mais aussi à partir des marchés émergents.

« Hormis le rush des non-résidents, la RAM a été confrontée à une très forte demande locale qui l’a contrainte à louer trois gros-porteurs pour desservir l’Arabie saoudite lors du petit pèlerinage de la Omra », a rappelé notre interlocuteur, qui escompte d’importantes recettes lors de la saison estivale.

« A minima, des comptes équilibrés »

Tout aussi optimiste sur le résultat financier de l’exercice comptable, qui s’achèvera le 30 octobre prochain, un autre membre du directoire avance que la reprise croissante de l’activité, depuis la réouverture des frontières, est en train de mettre un terme à plusieurs années de turbulences, et à des déficits successifs qui se sont chiffrés à plusieurs milliards de dirhams entre 2020 et octobre 2022.

La compagnie avait également connu un plan social en juillet 2020 qui, selon lui, a permis de faire des économies considérables, mais aussi d’augmenter la rentabilité des effectifs en les ramenant à une dimension plus adaptée à la flotte, qui avait été contrainte de subir une cure d’amaigrissement.

« S’il faut attendre la fin de l’été pour préjuger du résultat financier, pour l’instant, tout laisse à penser que les recettes seront exceptionnelles, car durant les derniers mois, notamment lors de la haute saison d’avril, les 52 avions ont affiché un taux de remplissage exceptionnel », déclare l’administrateur, qui n’exclut pas la perspective de plus en plus probable de comptes équilibrés.

« Une flotte devenue insuffisante pour se développer »

La reprise de l’activité de la RAM et la forte croissance des arrivées étrangères, notamment à partir du hub international de Casablanca, laissent présager d’excellentes perspectives. Toutefois, ces perspectives de développement seront freinées à l’avenir par la taille modeste de la flotte, affirme notre interlocuteur.

Si la RAM est entrée dans une forte dynamique en termes de trafic, le revers de la médaille est qu’elle ne possède plus assez d’avions pour desservir certaines lignes toujours fermées comme Pékin, ce qui nécessite l’achat de nouveaux gros-porteurs long-courriers.

« A l’instar du plan d’aide public au tourisme qui va mobiliser 6 milliards de dirhams d’ici 2026, la croissance du trafic ‘passagers’ devra être accompagnée par l’Etat pour que la compagnie puisse commander plusieurs aéronefs qui, dans le meilleur des cas, ne seront livrés qu’à partir de 2025 », conclut notre source.

Elle rappelle, au passage, l’objectif du PDG qui était de doubler la flotte de la compagnie pour tenter de rejoindre les majors africaines comme Ethiopian Airlines, qui domine le classement continental avec ses 134 appareils.