D’après l’Association nationale ovine et caprine (ANOC), près de 3,8 millions de têtes ont été identifiées à ce jour, en vue des célébrations de Aïd al-Adha, sachant que la demande pour ce rendez-vous annuel se situe entre 5,2 et 5,4 millions de têtes. Nombre de ces ovins ont déjà été importés, et d’autres le seront dans les semaines à venir. 

A ce titre, le gouvernement a mis en place un programme d’approvisionnement du marché intérieur en ovins d’importation. Ce programme bénéficie non seulement de la suppression des droits d’importation et de la TVA, mais aussi d’une prime à l’importation.  

L’objectif de cette mesure est de contribuer à atténuer les coûts élevés de l’importation, afin de réduire le prix de vente au Maroc.

De source sûre, Médias24 apprend que cette prime forfaitaire à restituer par l’Etat est fixée à 500 DH par tête. L’effectif total cible éligible à cette prime est de 500.000 têtes, réparties entre les importateurs par l’ONICL selon le principe de ‘premier arrivé, premier servi’. Pour bénéficier de la prime, l’importateur doit réaliser un effectif minimum de 15.000 têtes. Au total, le financement de l’Etat lors de cette opération va atteindre 250 MDH.  

« Les importateurs intéressés par l’importation d’ovins sont invités à se rapprocher des services extérieurs de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) les plus proches de leur lieu d’activité, pour déposer une demande d’importation », indique l’ONICL. 

Préserver le cheptel national

Cette opération d’importation a été lancée pour répondre aux problématiques rencontrées par le secteur de l’élevage des ovins. « Le cheptel a connu une baisse à cause de la sécheresse », a récemment précisé Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture.

« Raison pour laquelle nous importons des ovins, à la fois pour assurer l’approvisionnement du marché national en vue de Aïd al-Adha à des prix raisonnables, mais aussi pour préserver notre cheptel et lui laisser le temps de se reconstituer. »

Les importations vont également permettre une stabilisation, voire « une diminution des prix à l’approche de l’Aïd », poursuit-il, affirmant que cette situation n’est pas étrangère aux conditions climatiques extrêmes que traverse le pays, en particulier en 2022.

L’ONICL corrobore les déclarations du ministère de tutelle en assurant que la prime forfaitaire a en effet pour objectif de réduire le prix de l’importation et, par conséquent, celui de vente au Maroc. Et pour cause, les importateurs sont confrontés à une hausse des tarifs à l’import, lesquels dépassent même ceux pratiqués au Maroc. 

« Les producteurs en Espagne, par exemple, ont augmenté leurs prix de 1 à 2 euros par kilogramme, après l’annonce par les médias locaux de l’intention du Royaume d’importer un million de têtes d’ovins pour l’Aïd », précise l’ANOC. 

Des mesures sanitaires drastiques

A moins de deux mois de Aïd al-Adha, le temps est compté. D’autant que l’opération d’importation d’ovins n’est pas aisée. Elle nécessite du temps et plusieurs contrôles. D’après le ministère de l’Agriculture, les importateurs doivent respecter les mesures sanitaires du pays exportateur ainsi que celles du Maroc, en plus des analyses à effectuer et de la mise en quarantaine. 

Une fois l’importation effectuée, le paiement de la prime forfaitaire est conditionné par le dépôt, par l’importateur, du récépissé d’éligibilité au niveau du service extérieur de l’ONICL émetteur, ainsi que des documents suivants : 

– Les attestations d’importation délivrées par l’Administration de la douane et des impôts indirects. Cette attestation doit préciser le mode de transport (navire affrété ou camions), le nombre de têtes, le nom du navire pour le transport maritime affrété et la date d’arrivée.

– L’attestation d’escale des navires affrétés, pour le transport maritime, délivrée par les autorités portuaires.

– L’attestation de conformité sanitaire délivrée par l’ONSSA.