Le nouveau texte, encore à l’état d’avant-projet, est destiné à remplacer à son entrée en vigueur trois autres textes relatifs à l’enseignement fondamental, préscolaire et privé actuellement en vigueur. Il prévoit la mise en place, par l’autorité gouvernementale chargée de l’éducation scolaire, d’une approche pédagogique intégrée, qui reposera sur une articulation harmonieuse entre les différents niveaux et filières de l’enseignement préscolaire. La dernière version du texte date de février 2023. Elle a été transmise au Conseil supérieur de l’Education et de la formation pour avis. Lorsque l’avant-projet sera finalisé, il devra passer en conseil de gouvernement puis par le circuit législatif au parlement. Il s’agit donc à ce stade d’un avant-projet de texte qui reflète les intentions et la vision gouvernementales dans le domaine de l’enseignement scolaire.
Place aux passerelles avec l’enseignement supérieur et à l’intérieur des filières
L’avant-projet de loi vise à établir des passerelles avec la formation continue et l’enseignement supérieur, dans le but de « propulser le système éducatif vers de nouveaux horizons », à travers notamment :
– La réponse aux besoins des apprenants sur les plans psychologique, social et autres, ainsi qu’aux besoins du pays en matière de développement économique, social, culturel et environnemental ;
– La réponse aux besoins du pays en matière de ressources humaines qualifiées ;
– Le développement des compétences de base et des compétences de vie des apprenants ;
– Le renforcement de l’apprentissage des sciences et des technologies et la stimulation de l’esprit entrepreneurial chez les apprenants ;
– La promotion du plurilinguisme, l’ouverture culturelle et sportive, ainsi que le développement de la pensée critique, créative et innovante ;
– Assurer l’intégration, la cohérence et la complémentarité entre les différentes composantes du système éducatif, de la formation et de la recherche scientifique.
Le gouvernement compte également diversifier les parcours d’études et les filières professionnelles dans l’enseignement secondaire, tout en tenant compte de plusieurs éléments, tels que l’établissement d’un système de passerelles à l’intérieur des différentes filières de l’enseignement secondaire, garantissant la mobilité des apprenants entre les parcours d’études et les filières professionnelles.
Les autres éléments à mettre en place sont relatifs à l’établissement de passerelles entre les parcours d’études de l’enseignement scolaire et les filières de formation professionnelle ou l’enseignement supérieur, le développement des parcours préparatoires spécifiques, ainsi que la révision des options et des spécialités selon des critères objectifs répondant aux perspectives académiques et professionnelles.
Par ailleurs, l’adaptation et l’ajustement des approches pédagogiques utilisées dans l’enseignement scolaire se feront en favorisant l’autonomie et la collaboration entre l’apprenant et l’enseignant, en plaçant l’apprenant au centre du processus éducatif. L’enseignant assumera ainsi le rôle de superviseur et de facilitateur des apprentissages, encourageant l’initiative et l’innovation.
L’autorité gouvernementale chargée de l’éducation scolaire travaillera aussi à l’établissement d’un cadre de référence pour les approches pédagogiques adoptées dans la pratique éducative, tant dans les établissements scolaires que dans les autres espaces d’apprentissage, ainsi que dans la formation initiale et continue des professionnels de l’éducation.
Améliorer l’orientation scolaire et professionnelle
L’orientation scolaire et professionnelle fait partie des fonctions des établissements d’enseignement scolaire. Elle vise à garantir la réussite de l’apprenant dans son parcours éducatif et de formation, facilitant son intégration dans la vie sociale et professionnelle.
Le système d’orientation scolaire et professionnel reposera ainsi sur les principes suivants :
– La considération de l’apprenant comme un acteur actif et responsable de ses apprentissages et de ses choix scolaires et professionnels à travers son projet personnel, en répondant à ses besoins pédagogiques, éducatifs, psychologiques et sociaux, avec le soutien des acteurs des établissements d’enseignement scolaire ;
– Assurer la cohérence de l’action éducative avec le projet personnel de l’apprenant en intégrant l’orientation scolaire et professionnelle dans son parcours éducatif ;
– Faire des établissements d’enseignement scolaire des environnements ouverts, qui accompagnent les projets personnels des apprenants sur les volets pédagogique et professionnel…
Et dans le but de renforcer et de développer les parcours professionnels dans l’éducation scolaire, le gouvernement, en coordination avec l’autorité gouvernementale chargée de la formation professionnelle, devra unifier les programmes et les cursus des parcours professionnels dans un cadre pédagogique cohérent et harmonisé, intégrer la découverte des métiers dès l’enseignement primaire pour stimuler les intérêts professionnels des apprenants, élargir et diversifier les parcours professionnels pour répondre à la diversité des intérêts des apprenants et aux besoins du marché du travail, établir des mécanismes de coordination entre les institutions d’enseignement scolaire et les institutions de formation professionnelle, ainsi que les institutions entrepreneuriales, et créer des réseaux locaux et régionaux pour l’éducation et la formation.
En ce qui concerne les apprenants de la scolarisation de rattrapage, ils seront réintégrés dans l’enseignement scolaire formel ou dans la formation professionnelle selon les conditions et les modalités qui seront spécifiées dans un texte d’application.
Un système d’évaluation scolaire assurant un suivi régulier des apprenants
S’agissant de l’évaluation, un nouveau système sera élaboré (en cas d’adoption de ce projet en l’état), qui tient compte des mesures suivantes :
– La simplification et la normalisation des mécanismes et des outils d’évaluation ;
– L’adoption d’approches d’évaluation appropriées, basées sur le suivi régulier des difficultés d’apprentissage des élèves tout au long du parcours scolaire, pour les aider à combler leurs lacunes ;
– L’établissement de stations d’évaluation pour valider périodiquement les compétences fondamentales aux niveaux de transition de l’enseignement primaire et secondaire ;
– Le renforcement de l’utilisation de l’évaluation des besoins éducatifs au début des niveaux d’études pour améliorer réellement les apprentissages et développer les pratiques pédagogiques, en particulier dans l’enseignement primaire ;
– L’amélioration des compétences des enseignants pour développer leurs pratiques d’évaluation.
En outre, l’autorité gouvernementale chargée de l’éducation scolaire travaillera continuellement à l’amélioration du système d’examens scolaires et de certification pour en améliorer la qualité.
Bientôt un nouveau système de formation
Ce projet de texte rappelle qu’en ce qui concerne les différents statuts du secteur de l’enseignement, ils seront fixés par un texte réglementaire.
En ce qui concerne l’accès au secteur, l’avant-projet de loi précise qu’outre les conditions réglementaires requises pour accéder aux professions de l’enseignement, de la formation, de l’encadrement, de la gestion et de l’inspection dans l’éducation scolaire, la formation de base est considérée comme une condition préalable. Elle doit répondre aux critères et aux qualifications spécifiés dans les référentiels des emplois et des compétences qui seront élaborés par l’autorité gouvernementale chargée de l’enseignement scolaire.
L’État est dans ce sens chargé d’établir et de développer un système de formation qui veillera à garantir la qualité des formations dispensées et à améliorer leur efficacité. Ce système vise à répondre aux besoins de l’éducation scolaire en termes de cadres pédagogiques et administratifs, en favorisant la formation spécialisée dans divers domaines. Il prévoit également la formation continue pour les cadres éducatifs et administratifs de toutes les catégories et niveaux.
Des programmes et des plans annuels de formation continue au profit des cadres pédagogiques, administratifs et techniques appartenant aux différentes catégories professionnelles seront ainsi préparés par le gouvernement, en coordination avec les Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF). Dans le but d’unifier, de développer et d’améliorer la qualité des contenus et de ces programmes de formation initiale et continue, un « Institut de l’Éducation » sera mis en place, et sera principalement responsable de toutes les procédures et opérations liées à la qualité de la formation, à l’accompagnement, à la validation des compétences acquises et à la promotion de la recherche et de l’expérimentation pédagogiques. L’organisation et les modalités de fonctionnement dudit institut seront définies par voie réglementaire.
Digitalisation de l’enseignement professionnel
Le recours au numérique sera également renforcé à l’intérieur des établissements scolaires. L’autorité gouvernementale chargée de l’enseignement scolaire sera de ce fait tenue de renforcer l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement professionnel.
Ce système devra ainsi être utilisé par les établissements d’enseignement professionnel des secteurs public et privé dans toutes les opérations liées à la gestion de l’établissement, notamment l’enregistrement des apprenants, l’organisation pédagogique, les examens et les évaluations, les services et les procédures d’orientation pédagogique et professionnelle, les services de soutien pédagogique et social, ainsi que les moyens de communication avec les parents et les tuteurs des élèves.
https://medias24.com/2023/05/23/un-avant-projet-de-loi-sur-lenseignement-scolaire-propose-plus-de-fermete-a-legard-des-ecoles-privees-1/#:~:text=L’avant%2Dprojet%20de%20loi%2059%2D21%20est%20un,de%20la%20recherche%20scientifique…