Le ministère de la Santé a récemment signé deux conventions de partenariat avec les laboratoires Pfizer Maroc, dont le contenu n’a pas été rendu public. Contacté par Médias24, le ministère nous a dévoilé les clauses de ces deux accords.
Pour rappel, la première convention vise à définir les conditions et les modalités du partenariat entre le ministère et ces laboratoires quant à la contribution de ces derniers à la concrétisation du chantier de la couverture sanitaire universelle.
Les objectifs de la convention s’articulent autour des trois axes de collaboration majeurs suivants :
Pfizer Maroc va contribuer à l’amélioration du parcours de soins du patient dans le cadre de la couverture sanitaire universelle :
- Apporter un soutien dans le domaine de la prévention et la sensibilisation aux pathologies qui sont définies, conjointement avec le ministère et par la contribution des laboratoires Pfizer dans la thérapie de certaines pathologies, notamment le cancer, l’hémophilie, les maladies rhumatismales chroniques, les troubles de la croissance chez l’enfant, les maladies infectieuses, les maladies cardiovasculaires et la vaccination.
- Apporter un support aux patients éligibles, à travers des Programmes de support de patients (PSP), afin de faciliter le diagnostic relatif aux examens, tests, analyses pré-thérapeutiques pour une population identifiée selon des critères d’éligibilité définis au préalable (hémophilie, maladies rhumatismales chroniques, cancer du sein, cancer du rein, cancer du poumon, maladies rares), et la prise en charge thérapeutique en contribuant, pendant le traitement, à la mise en place de solutions pour faciliter l’adhésion et l’observance au traitement de la pathologie concernée.
Pfizer Maroc va également contribuer au renforcement du système national de santé conjointement avec le ministère dans le cadre de sa réforme, et ce de différentes façons :
- Soutenir les compétences des professionnels de la santé et de la protection sociale à travers la formation continue en pharmaco-économie et les accompagner dans des projets de génération de données de vie réelle (cliniques et pharmaco-économiques) ;
- Mettre en place des activités de lutte contre la résistance aux antimicrobiens ;
- Apporter un support financier afin de soutenir la mise en place du système d’information pour l’analyse des données du registre des cancers du Grand Casablanca ;
- Contribuer à la mise en place des projets de télé-expertise conjointement définis avec le ministère dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques rhumatismales, cardiovasculaires, oncologiques, endocriniennes.
Enfin, Pfizer Maroc va contribuer à l’amélioration de l’accès aux médicaments essentiels et innovants à travers ces deux actions :
- Soutenir les caisses de prévoyance afin de faciliter l’accès aux médicaments essentiels et innovants à travers la mise en place des contrats innovants financiers, dont les modalités réglementaires et champs d’application sont à définir conjointement avec le ministère ;
- Améliorer l’accès des patients aux médicaments essentiels et innovants à travers des programmes d’accès aux patients pour des thérapies proposées par les laboratoires Pfizer et préalablement définis avec le ministère afin de contribuer à la réduction et à la maîtrise des dépenses.
Par ailleurs dans la cadre de cette convention, le ministère s’engage, entre autres, à apporter le soutien administratif, technique et en ressources humaines nécessaires, à concevoir un plan de communication concernant les actions prévues et à identifier avec les laboratoires Pfizer les projets de collaboration émanant du domaine de partenariat ainsi que les modalités de leur mise en place. Chaque projet fera l’objet d’un contrat d’accord préalable spécifique entre les laboratoires Pfizer et les entités concernées du ministère.
En face, les laboratoires Pfizer s’engagent, entre autres, à apporter l’expertise et l’appui scientifique, financier et logistique requis, et à participer à l’organisation des sessions de formation selon les champs de partenariat prédéfinis.
Voici les axes de collaboration de la deuxième convention
De son côté, la deuxième convention concerne la lutte et la prévention contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), à travers laquelle les deux parties s’engagent à collaborer dans les domaines suivants :
– Renforcer les capacités des laboratoires en matière de diagnostic microbiologique :
- Organiser des sessions de formation au profit du personnel des services de biologie médicale des hôpitaux publics, particulièrement ceux impliqués dans la surveillance de la RAM ;
- Acquérir des équipements réactifs et accessoires relatifs au diagnostic de la RAM nécessaires pour la réalisation des examens bactériologiques au niveau des services de biologie médicale, particulièrement ceux impliqués dans la surveillance de la RAM, et ce, par une contribution financière préalablement déterminée et convenue avec les laboratoires Pfizer S.A.
– Améliorer la sensibilisation du grand public et des professionnels de santé sur la RAM en organisant des activités de communication et en produisant des supports de communication.
– Renforcer les compétences des professionnels de la santé sur la résistance antimicrobienne à travers la formation médicale continue, par le biais de sessions de formation continue des professionnels de la santé sur la résistance antimicrobienne ;
– Développer la recherche opérationnelle en matière de RAM en identifiant des thématiques de recherche relatives à la RAM et par la promotion de la recherche sur la RAM et leurs publications.
Par ailleurs, dans le cadre de cette convention, le ministère de la Santé s’engage à programmer des sessions de formation au profit du personnel des services de biologie médicale (des hôpitaux publics) et des professionnels de la santé, et à déterminer les besoins nécessaires pour la réalisation des examens microbiologiques au niveau des services de biologie médicale, particulièrement ceux impliqués dans la surveillance de la RAM.
En parallèle, les laboratoires Pfizer s’engagent à prendre en charge les frais liés à l’organisation des sessions de formation au profit du personnel des services de biologie médicale, et à assurer l’appui logistique de ces sessions. Il s’agit également d’acquérir les ressources physiques nécessaires en matière de diagnostic de la RAM et à la réalisation des examens bactériologiques au niveau des services de biologie médicale.