Après avoir établi un diagnostic des leviers prioritaires pour l’axe Marrakech-Safi, plusieurs projets d’infrastructure ont été identifiés par le ministère du Tourisme afin de développer les filières d’arrivées étrangères et nationales au terme de la feuille de route 2023-2030.

Une offre touristique découpée en filières

Pour Marrakech intra-muros, l’offre de la locomotive nationale du tourisme vise plusieurs cibles de visiteurs à travers les filières du City break, du tourisme d’affaires et, enfin, des circuits culturels.

Ses environs seront aussi mis à profit avec plusieurs filières, dont une « Oasis et Aventure » pour le désert d’Agafay, une « Nature, Trekking et Hiking » pour la zone de la vallée de l’Ourika, Oukaimeden, Imlil et Toubkal et enfin une « Nature et découverte » pour le tourisme interne dans la vallée de l’Ourika et Imlil.

De son côté, la ville balnéaire voisine d’Essaouira accueillera les étrangers en quête de sports maritimes de type « Ocean-Waves », ainsi que des touristes nationaux attirés par le bord de mer.

Attirer 4 millions de touristes de courte durée

Si le contenu de la feuille de route nationale prévoit d’attirer 6 millions de touristes étrangers de séjour (TES) à l’horizon 2030 dans la filière City break, avec l’appoint des villes de Casablanca et Tanger qui veulent atteindre 1 million chacune, un objectif de 4 millions de TES de cette filière a été fixé à Marrakech.

Précisons que l’objectif de 4 millions représente 30% des 14,7 millions de TES à Istanbul en 2019, 50% des 9 millions de TES à Valence la même année, et l’équivalent de Lisbonne avec ses 3,7 millions de TES.

Un objectif ambitieux sachant que la ville ocre a généré 2,4 millions de touristes City break en 2019 et qu’elle en prévoit 3 millions d’ici 2026.

Une banque de projets pour la filière City break

Afin de mettre un terme au manque d’animation souvent décrié par les visiteurs qui viennent passer un week-end à Marrakech dans le cadre du tourisme de courte durée, les concepteurs de la feuille de route régionale ont établi une liste de lieux qui devront être fonctionnels dans les sept années à venir.

En premier lieu, des ateliers de loisirs créatifs comme la peinture, la danse traditionnelle, urbaine et orientale, des spectacles de musique, des cours de cuisine, ainsi que des ateliers d’artisanat traditionnel comme la poterie, la bijouterie, la vannerie et la permaculture, avec une offre pour les familles et les enfants.

D’autres attractions seront proposées comme un parc à thème pour enfants, sur le modèle Ninja Warrior en Europe, et un parc d’animation de type animalier avec ferme pédagogique.

L’offre sera élargie avec des dîners-spectacle, du clubbing, des espaces de rencontre (bars…), des spectacles en plein air avec des cracheurs de feu et des animations de rue (théâtre…).

Sont aussi prévus des espaces de gaming et des cinémas multi-sensoriels (5D) en réalité augmentée qui s’intéresseront à l’histoire et à l’évolution de la ville ocre.

Des cafés panoramiques verront le jour dans des lieux exclusifs et insolites, ainsi que des infrastructures de restauration incluant des classes de cuisine et des restaurants gastronomiques.

Plusieurs agences proposeront des événements festifs et des compétitions de type plages musicales, concerts, festivals…, sans compter des tour-opérateurs avec un portefeuille d’activités novatrices : Street food, gastronomie, culture et voyages thématiques.

Enfin, une plateforme digitale sera dédiée aux visites guidées des monuments phares de la ville, et des magasins proposeront des spécialités tels les produits du terroir, d’artisanat et de souvenirs.

Tripler le nombre d’arrivées de la filière tourisme d’affaires

S’inscrivant dans le cadre de la feuille de route nationale qui projette d’attirer près de 2 millions de touristes d’affaires au Maroc à l’horizon 2030, cette filière spécialisée a un potentiel qui permettra de doubler le nombre de visiteurs en voyage d’affaires autour de deux grandes destinations.

La plus importante est Casablanca qui ambitionne d’atteindre 1 million de participants à des événements MICE (Meetings, Incentive, Congrès, Events), suivie de la ville ocre qui table sur 350.000 touristes d’affaire en 2026, et sur 600.000 TES d’ici 2030 contre seulement 200.000 en 2019.

Plusieurs milliards de DH pour développer les différentes filières

Pour y arriver, un palais des congrès adossé à un parc des expositions sera opérationnel, au plus tard en 2026, pour permettre à la ville ocre de se positionner sur le segment des congrès internationaux.

L’enveloppe budgétaire prévue pour construire un véritable centre d’exhibition et de conventions, qui fait encore défaut à Marrakech, sera comprise entre 2 et 3 milliards de DH.

Afin de développer les arrivées de la filière « Nature », la station d’Oukaimeden sera complètement rénovée avec un espace d’accueil proposant des séjours porteurs de sens, en faveur d’un tourisme nature, pour un montant compris entre 1,2 et 1,5 milliard de DH.

Dans la zone nord du désert d’Agafay, distante de quelques kilomètres de Marrakech, une zone protégée de vol en montgolfière sera construite pour 100 millions de DH.

En dernier lieu, un projet intégré de développement du Parc national du Toubkal, avec des structures d’hébergement, d’accueil et d’animation, sera édifié pour 300 millions de DH, tandis que l’aménagement d’un parc d’attraction à thème, de dimension internationale, proposera des divertissements originaux pour un coût final évalué à 3 milliards de DH.