Dans le même esprit que les formations récemment lancées sur la base du volontariat pour les jeunes en décrochage scolaire ou sans emploi, le ministre de la Jeunesse veut mettre à profit les locaux dévolus aux colonies de vacances pour en faire bénéficier les jeunes ruraux en leur proposant des contrats d’apprentissage.

« Des formations inédites dans le monde agricole pour lutter contre l’exode rural »

Sollicité par Médias24 pour en savoir plus sur l’intérêt de ces formations, Mehdi Bensaid déclare vouloir donner aux jeunes de la ruralité les moyens de se former pour investir le territoire où ils ont grandi et développer les terres agricoles familiales.

« Si une colonie de vacances permet aux écoliers de pratiquer des activités culturelles, sportives et de loisirs, celles qui seront mises en place auront pour vocation de former des jeunes ruraux aux dernières techniques agricoles pour redonner de l’attractivité à ces zones de plus en plus désertées », nous explique le ministre. Il insiste sur le côté inédit de ces formations qui seront dispensées toute l’année, à l’exception de l’été qui sera consacré à l’accueil des enfants scolarisés.

« Une expérience pilote qui sera généralisée à l’ensemble du monde rural »

Réservée aux descendants d’agriculteurs et de fermiers, mais aussi à ceux qui sont intéressés par l’un des nombreux métiers de la ruralité, cette expérience pilote permettra à des milliers de jeunes de mieux comprendre l’évolution des nouvelles technologies que connaît le monde agricole.

« À l’image du pass Jeunes qui va être généralisé à l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année, et des formations de quinze jours dispensées en été sur la base du volontariat qui ont déjà séduit 3.300 jeunes, nous allons déterminer, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, les régions où nous disposons de locaux de colonies de vacances et où il existe beaucoup de jeunes qui pourraient être intéressés par cette initiative sans précédent », précise Mehdi Bensaïd. Il faudra toutefois attendre la rentrée scolaire pour établir une cartographie des métiers qui seront dispensés.

Dès la première année, le ministère table sur des milliers d’inscriptions

Sur le nombre prévisionnel de jeunes qui pourraient faire l’objet de ces formations, notre interlocuteur déclare qu’il faudra attendre la fin de la prochaine année scolaire pour savoir si les enfants de famille d’agriculteurs, en décrochage scolaire, seront séduits par cette initiative qui vise à les fixer dans leur milieu.

Optimiste sur le succès de ces formations, Bensaïd conclut qu’au regard de la capacité d’accueil des nombreux locaux du ministère pouvant être transformés en centres d’apprentissage, des milliers de candidats devraient s’inscrire à ces programmes au terme de la première année. Par la suite, des centaines de milliers de jeunes pourraient être séduits par ces formations professionnelles qui constituent une alternative au chômage endémique dans la ruralité en raison des aléas climatiques.