Plusieurs sources ont évoqué l’intention du Maroc d’acheter des avions de chasse F-35 ; des aéronefs militaires américains conçus pour l’attaque au sol et les missions de supériorité aérienne. Joint par notre rédaction, l’expert militaire Abdelhamid Harifi nous assure qu’il s’agit d’une fausse rumeur.

« C’est une information déraisonnable. Dans le cadre des réformes initiées par le Maroc dans le domaine militaire, figurent des chantiers prioritaires qui seront bouclés au plus tard dans les quatre ans à venir, notamment l’intégration des nouveaux F-16 block 72, la modernisation des F-16 block 52 ou encore le renouvellement des hélicoptères et des avions du transport ; un projet stratégique, important et très urgent que nous lancerons bientôt. La priorité est en effet accordée à ces chantiers », explique notre source.

Pas d’avions F-35 avant 2033

« Le Maroc ne peut donc acheter des avions de chasse F-35 avant de parachever l’infrastructure nécessaire et de boucler la formation des ressources humaines pour prendre en charge les nouvelles flottes qui vont intégrer les escadres des Forces royales air. C’est complètement absurde. Nous sommes par ailleurs un pays avec des moyens limités. Nous avons un budget militaire qui est également restreint. Il faut garder à l’esprit les plafonds fixés par les instances internationales. Si nous consacrons à la défense plus des 2% du PIB accordés actuellement, nous risquerons de laisser de côté les autres sujets prioritaires, plus urgents, notamment l’éducation, la santé et les infrastructures », poursuit Abdelhamid Harifi.

« Nous ne pourrons étudier la possibilité d’intégrer les avions de chasse F-35 qu’à compter de 2033. Ce sera, à ce moment-là, la suite logique à ce que nous possédons aujourd’hui en termes de puissance de frappe aérienne ».

« Les F35 peuvent être un apport intéressant en termes de furtivité et de dissuasion, surtout. Mais le coût d’exploitation de ce genre d’avions et le coût de formation des ressources (pilotes, techniciens…) pour leur manipulation, sont énormes. Le prix d’achat de ces avions dépasse par ailleurs les moyens dont disposent actuellement le Maroc. C’est donc une option qui ne pourrait être envisagée que dans  dix ans au moins », conclut Abdelhamid Harifi.