Les nouvelles craintes qui pèsent sur l’économie mondiale sont liées aux implications de la faillite du géant chinois de l’immobilier, Evergrande. Le péril de la hausse des taux d’intérêt obligataires plane. Ce qui n’est pas sans conséquence au niveau des grandes places financières mondiales.

Ce vendredi 18 août, dans la matinée, la Bourse de Paris, plombée par les inquiétudes sur l’économie chinoise, a reculé de 0,93%. À la Bourse de New York, les rendements obligataires sur les bons du Trésor à 10 ans et 30 ans ont atteint en séance les plus hauts niveaux depuis plus de 16 ans, à 4,3% et à 4,4%.

En clair, les signes de fébrilité de l’économie chinoise et la crise de son secteur immobilier suscitent pour l’heure l’attentisme auprès des investisseurs. L’autre donne, et non des moindres, qui n’arrange pas les choses, est la persistance des velléités inflationnistes aux USA. Ce qui nécessitera de la part de la FED la poursuite du resserrement de la politique monétaire via la hausse de ses taux d’intérêt.

Des difficultés qui remontent à 2021 

Lourdement endetté, Evergrande a demandé, ce jeudi 17 août, son placement aux Etats-Unis sous la procédure de faillite. Les documents judiciaires attestent d’une mesure visant à protéger les actifs américains du géant chinois de l’immobilier, en attendant qu’un accord de restructuration de sa dette soit trouvé.

Pour rappel, la procédure américaine dite « Chapter 15 » a pour vocation de proposer des mécanismes visant à gérer les cas d’insolvabilité impliquant plus d’un pays.

En réalité, les déboires financiers du conglomérat privé ont commencé en 2021, avec un niveau d’endettement astronomique de plus de 300 milliards de dollars. Les autorités chinoises avaient alors renforcé leur contrôle sur le secteur immobilier.

Aujourd’hui, « l’affaire Evergrande » symbolise, en Chine, la crise du secteur privé de l’immobilier, lequel est en difficulté. Pour preuve, certains promoteurs chinois sont dans l’incapacité d’achever leurs projets. Ce manquement est à l’origine du foisonnement des procédures en justice et des refus de propriétaires de rembourser leur prêt. Une donne qui aggrave la situation financière des constructeurs chinois.