« Il n’y a aucune possibilité de réconciliation avec la présidente du conseil de la capitale et notre volonté de la destituer est irrévocable. La seule discussion possible concerne le calendrier de son départ, qui s’impose de l’avis de tous les élus, aussi bien de la majorité que de l’opposition », nous déclare l’élu Driss Razi, qui fait partie des principaux opposants d’Asmaa Rhlalou au sein du RNI.

« La majorité municipale passe à l’opposition »

Selon le président de l’arrondissement de la Tour Hassan, 18 élus étiquetés RNI sur les 23 qui la soutenaient ont rejoint un nouveau groupe. Ce dernier devait se réunir ce lundi 18 septembre pour décider des voies administratives, voire politiques, à suivre pour obtenir sa démission dans les délais les plus brefs.

Asmaa Rhlalou est accusée de ne pas déléguer ni de communiquer, avec une concentration des prises de décisions, une gestion décriée, un vocable qualifié d’ »arrogant » voire d’ »insultant » à l’égard des élus de la majorité et de l’opposition, une marginalisation des conseillers, du favoritisme au profit de son premier cercle…

Un comportement jugé insupportable qui a conduit sa base à se révolter et à solliciter la direction du parti pour que ce dernier mette fin à un conflit « qui s’éternise depuis son arrivée aux affaires ».

« Les élus du RNI sollicite l’intervention personnelle du chef du parti »

Or, il faudra attendre la moitié du mandat de la présidente, soit octobre 2024, pour engager une procédure de destitution après le vote nécessaire de deux tiers des élus, soit 54 votants. Sûr de lui, notre interlocuteur avance que le parti de la Colombe va pourtant l’obliger à présenter sa démission.

« Elle fera tout son possible pour se maintenir à son poste, c’est certain. Mais face au rejet qu’elle inspire à ses anciens soutiens, le chef du RNI n’aura d’autre choix que d’intervenir personnellement et de manière ferme pour la pousser à partir », affirme Driss Razi, qui juge « impossible » d’attendre une année supplémentaire pour obtenir son départ par le biais d’un vote des élus.

En cas de maintien à son poste, le président d’arrondissement va jusqu’à menacer de paralysie l’activité de la mairie, qui sera désertée par les élus de la majorité municipale et par conséquent incapable d’adopter les règlements et les budgets nécessaires à son fonctionnement.

« La FGD table sur une procédure de destitution »

Visiblement moins optimiste sur un départ volontaire de la présidente, le conseiller Omar Hyani (FGD) confirme cependant « un point de non-retour » dans les rangs municipaux du parti de la Colombe.

A l’instar du conseiller dissident RNI Driss Razi, Omar Hayani accuse pêle-mêle l’édile d’être « incompétente dans la gestion locale, autoritaire et arrogante », de « n’écouter personne, vouloir tout faire toute seule y compris laminer les droits de l’opposition, réduire le temps et le droit de parole ».

Entre les élus du RNI qui ont créé leur groupe dissident, les mécontents du PAM et de l’Istiqlal − sans compter ceux de l’opposition (FGD, USFP, PJD) −, Asmaa Rhlalou n’a, selon l’élu, plus aucune majorité pour diriger la mairie, à savoir un minimum de 41 voix pour être en mesure d’appliquer sa politique. A ce propos, le vote du conseil, prévu le 5 octobre et qui sera consacré à l’examen du budget 2024 de la capitale, montrera le blocage des discussions et surtout l’absence de majorité pour l’adopter.

« Si le blocage perdure, il faudra certainement attendre encore un an, c’est-à-dire le terme de la moitié de son mandat, pour que les élus puissent voter à la majorité des deux tiers une procédure pour la destituer », déclare Omar Hyani, précisant que le budget de la ville sera validé par le Wali.

Faute de démission volontaire, notre interlocuteur juge ce scénario « crédible voire salutaire » pour que le conseil municipal de la capitale puisse retrouver un fonctionnement sain après des années d’affrontements.