« Accompagné de membres importants de son bureau politique, comme l’actuel président du Parlement Rachid Talbi Alami, le président du RNI s’est réuni pendant trois heures avec la maire et les conseillers communaux de son parti », nous explique un président d’arrondissement présent à cette réunion de conciliation, qui intervient après le départ récent de 18 élus sur les 23 qui soutenaient Asmaa Rhlalou. Ce groupe de conseillers dissidents qui avaient voté pour elle et contribué à son élection à la tête de la ville en septembre 2021 sont désormais passés à l’opposition.
Une tentative de réconciliation qui vire à l’échec
Au départ, Aziz Akhannouch pensait vraiment pouvoir réconcilier les deux parties en se portant garant du respect des conditions d’une paix négociée pour l’avenir. Mais le comportement de la maire, qui a refusé la moindre concession à ses détracteurs, a ruiné toute chance de réconciliation, nous expliquent nos sources.
Après avoir longuement écouté ce qu’avait à dire Asmaa Rhlalou, qui n’a cessé de rejeter « la responsabilité du blocage actuel sur les élus » et « les arguments de ces derniers qui dénoncent son arrogance », Aziz Akhannouch, nous confie-t-on, a fini par clore la réunion sans réconciliation avec cette phrase édifiante « Rabat doit changer de tête ». Rejetée par sa majorité, la maire subira en effet des blocages et le conseil devra donc trouver un(e) autre dirigeant(e).
À la question de savoir si le parti de la Colombe disposait d’ores et déjà d’un(e) candidat(e) pour succéder à la présidente, notre interlocuteur nous explique qu’il est encore beaucoup trop tôt pour se prononcer mais que, quoi qu’il arrive, le prochain maire sera issu du RNI, qui dispose du plus grand nombre d’élus au conseil.
« Il n’est pas question que je démissionne »
Selon notre source, la réunion tenue en présence du président du RNI, et qui n’a pas abouti à la réconciliation espérée, ouvre la voie à une nouvelle élection, mais uniquement dans le cas où la présidente du conseil accepterait de se conformer au constat de son parti, et donc de démissionner de son poste.
Contactée par Médias24 pour savoir si elle comptait présenter sa démission, l’édile n’a pas répondu à nos appels mais a tout de même consenti à nous répondre par écrit, via des messages WhatsApp.
« Non. Du tout. Je serai toujours là pour les Rbatis. Ma grande famille », nous déclare-t-elle.
Se maintenir à la tête de la mairie au risque d’être exclue des instances du RNI ? À cette question, Asmaa Rhlalou a préféré botter en touche, en citant la loi 113-14 relative aux communes.
« Renseignez-vous sur la loi 113-14. Je vous laisse l’honneur de l’analyser », avance-t-elle.
La loi en question l’autorise en effet à rester en poste contre vents et marées jusqu’à mi-mandat, c’est-à-dire octobre 2024, avant d’être éventuellement limogée par un vote du conseil à la majorité des deux tiers des élus. Mais en attendant, le conseil sera bloqué car même le budget ne pourra pas être voté.
Pour souligner la nécessité de son maintien, la maire nous a envoyé un communiqué citant sa récente nomination, le 25 septembre dernier à New York, par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en tant que membre du groupe consultatif pour les gouvernements locaux et régionaux.
« La paralysie du conseil et les réactions en haut lieu l’obligeront à partir »
Le scénario du maintien, qui prendrait la ville en otage par une élue refusant la voix de la majorité, est « plus qu’improbable » pour notre autre source RNI à la mairie de Rabat.
Cette dernière avance qu’en cas d’obstination de l’intéressée, la présidente du conseil de la ville sera non seulement exclue de son parti, mais sera aussi, faute de soutien de tous les élus, incapable de faire voter le moindre budget ou règlement.
« Si Madame Rhlalou s’évertue à s’accrocher à son poste, elle ne pourra pas tenir jusqu’en octobre 2024 car les réunions du conseil seront désertées par l’ensemble des élus de la majorité et de l’opposition. Elle sera par conséquent incapable d’adopter le moindre budget ou règlement », estime le conseiller.
Or, les autorités ne toléreront pas de voir s’installer la paralysie dans la capitale pendant une année supplémentaire, souligne-t-il.