La détermination du Maroc à organiser une Coupe du Monde a fini par payer. Une envie affichée depuis les années 1990, mais dont la concrétisation n’est intervenue qu’au bout de la sixième tentative. Une histoire d’amour contrariée entre le Maroc et l’organisation du Mondial, dont le prologue fut la Coupe du Monde 1994.
À l’époque, le Royaume misait sur la singularité de sa candidature, puisqu’il s’agissait du premier pays africain à afficher officiellement sa volonté d’organiser l’événement planétaire. Face à la concurrence des Etats-Unis, le dossier du Maroc n’a pas pesé bien lourd dans la balance.
Les Américains ont eu le privilège d’organiser un Mondial qui ne restera pas dans les annales, suite à un vote où le Maroc n’est pas passé loin de créer la surprise (7 voix contre 10). Cet échec a eu pour effet de renforcer la confiance du Maroc en ses chances au point de concurrencer la France pour l’organisation de la Coupe du Monde 1998. Las, le Royaume a encore une fois été devancé, mais sans pour autant démériter (7 voix contre 12).
À y regarder de plus près, cette défaite « honorable » a été fondatrice. Elle a permis aux décideurs marocains de prendre la mesure d’un tel défi et de présenter des dossiers de candidature autrement plus convaincants. Une prise de conscience qui n’a certes pas eu l’effet escompté lors du processus de désignation du pays hôte de la Coupe du Monde 2006, mais qui aurait dû l’être pour le compte du Mondial 2010.
Pour l’édition 2006, c’est l’Allemagne qui a été désignée pays hôte. Fait inédit, lors du processus de désignation, il a fallu plus d’un tour. Trois pour être plus précis. Au bout desquels la candidature de l’Allemagne, qui termina à chaque fois première, fut préférée à celle de l’Afrique du Sud. Quelques années plus tard, ce dernier a eu le privilège d’être le premier pays africain à accueillir l’événement planétaire. Cependant, cette désignation fut plus que controversée.
Tous les voyants étaient au vert pour que le Maroc soit l’heureux élu. Mais il en a été autrement en raison d’un lobbying sud-africain qui a dépassé la limite du raisonnable. Des années plus tard, des soupçons de corruption ont même été soulevés. À l’annonce des résultats, la délégation marocaine est tombée des nues, prise de court par un revirement de situation inattendue.
Cela n’a pas empêché les émissaires du Royaume d’encaisser la nouvelle en gardant la tête haute sans afficher d’état d’âme. Le Maroc en est sorti grandi. Résultat, quelques années plus tard, la candidature marocaine à l’organisation du Mondial 2026 n’était pas loin de déjouer les pronostics.
Cependant, encore une fois, face à la candidature tripartie Etats-Unis-Canada-Mexique, les Marocains ont dû encaisser une nouvelle désillusion, sans toutefois perdre espoir ni baisser les bras. La preuve, la sixième tentative fut la bonne. Sauf improbable retournement de situation, le Maroc organisera le Mondial 2030, en compagnie du Portugal et de l’Espagne. Comme quoi, abnégation et détermination ne sont jamais vaines.