Près d’un mois après l’impasse de la réunion de conciliation entre la direction du RNI, les conseillers communaux affiliés au parti et Asmaa Rhlalou, le blocage des travaux de la municipalité s’est à nouveau manifesté avec la non-adoption du projet de budget 2024 de la ville de Rabat.
« Rhlalou n’a plus aucun pouvoir à la mairie »
En cas de nouveau rejet du vote du budget par les élus dans un délai de quinze jours, « le wali devra prendre en charge son application en se basant sur le même budget que celui de l’année 2023 et, par conséquent, la maire ne pourra mener aucun chantier important durant le reste de son mandat du fait de son absence de majorité », nous rappelle le président de l’arrondissement Hassan, Driss Razi, qui fait partie de ses opposants.
« Sachant qu’elle a justifié son absence le vendredi 20 octobre, lors de la première adoption avortée du budget, par un motif fallacieux », Driss Razi estime qu’elle « ne pourra pas fuir perpétuellement ses obligations et qu’elle sera bientôt obligée de présenter sa démission volontaire ».
« Une exclusion des rangs du RNI est souhaitée par les élus »
Persuadé que le RNI est sur le point de lâcher la maire, Driss Razi affirme que cette dernière n’a plus aucune marge de manœuvre pour diriger la mairie, à part signer des permis de construire sur la plateforme dédiée.
« Notre président a été très clair lors de la réunion de réconciliation en laissant entendre que la mairie devait changer de tête. Il est donc probable qu’une réunion du bureau politique statue bientôt sur son cas par une exclusion des rangs du parti « , estime encore Driss Razi.
« Je suis déterminée à rester à mon poste »
De son côté, Asmaa Rhlalou nous confirme « [sa] volonté de ne pas démissionner » par une série de messages via WhatsApp dans lesquels elle déclare continuer à travailler le plus normalement du monde.
« En réunion avec les chefs de division de la mairie », la présidente du conseil de la ville de Rabat affirme que « [sa] préoccupation actuelle n’est pas de démissionner, mais plutôt d’augmenter les recettes de la municipalité ».
Lors de cette rencontre à la mairie dont elle a diffusé le contenu sur Facebook, Asmaa Rhlalou a en effet déclaré qu’elle assurera la continuité des services de la municipalité. Elle travaillera également à programmer un groupe de sorties sur le terrain pour déterminer la qualité des services offerts aux citoyens, et un groupe de partenariats en matière de formation et de formation continue au profit des salariés.
« Le rejet du budget 2024 n’aura aucune incidence sur mon travail »
À la question de savoir si le récent rejet de l’adoption du budget ne l’empêche pas de travailler normalement, elle rétorque que « personne ne peut bloquer Rabat et [qu’elle est] sur la bonne voie ». Loin de vouloir céder aux injonctions de ses dissidents, Asmaa Rhlalou affirme n’être motivée que par « l’intérêt des Rbatis, qui passe avant tout ».
Sur une éventuelle réconciliation avec les dissidents de son parti, la présidente du conseil de la ville de Rabat indique qu’elle se pliera à l’autorité du RNI : « Quelle que soit sa décision, je la respecterai. »
En d’autres termes, il faudra attendre que le parti de la Colombe se prononce officiellement pour la continuité de sa mission et une réconciliation avec les élus, ou qu’il réclame sa démission.
« Son exclusion des rangs du RNI n’est pas d’actualité »
La position de la maire s’explique sans doute par le soutien de plusieurs membres en vue du bureau politique. Ces derniers nous ont déclaré que la formation politique cherchait toujours à réconcilier les deux parties.
C’est notamment le cas de deux anciens ministres. Ces derniers affirment avoir « tout essayé » et rejettent la responsabilité du blocage actuel sur « les élus qui ne veulent rien savoir ».
Visiblement proches de la maire, nos interlocuteurs affirment que le RNI continue de la soutenir puisqu’elle fait toujours partie du bureau politique, qui ne l’a pas désavouée.
« Pour l’instant, il faut laisser les choses se calmer avant de reprendre les discussions. » La direction du RNI n’a pas l’intention d’exclure Asmaa Rhlalou de ses rangs, malgré le forcing continu des élus dissidents qui, eux, souhaitent bel et bien la voir partir, concluent nos sources.