« Ce programme cible principalement le monde rural et les zones éloignées », nous explique Sanae Dardikh, directrice de la communication de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, jointe par nos soins.
« Il vise à doter les régions non desservies par les infrastructures de santé, de ressources et de moyens médicaux spécifiques afin de satisfaire les besoins des populations issues de ces zones, rejoignant ainsi le programme des caravanes médicales multidisciplinaires et chirurgicales déployées par la fondation depuis plus de vingt ans, et qui a bénéficié à plus de 1,2 million de personnes à fin 2022″, souligne-t-elle.
Cinquante unités en 12 mois
Ce programme est le fruit d’une convention de partenariat entre la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, le ministère de la Santé et la société Mediot Technology, dont la signature a été présidée le 28 octobre dernier par le Roi Mohammed VI.
« La signature de cette convention tripartie marque la volonté du Souverain de faire de ce modèle un nouvel outil qui servira la promotion de la santé rurale ainsi que le bien-être des populations rurale, et ce, par une médecine sociale et préventive adaptée à leurs besoins », nous confie Sanae Dardikh.
« La convention définit le cadre d’exécution du programme par les trois parties-prenantes, la fondation étant en charge de sa mise en œuvre et de la coordination, mais aussi du choix des sites d’implantation, de la supervision des activités et de la mise en place d’actions médicales complémentaires, notamment des campagnes chirurgicales. Cela, dans une logique de complémentarité des efforts avec le département de la Santé et du travail de terrain qui fait intervenir les partenaires traditionnels des caravanes médicales que sont les autorités locales ainsi que les associations médicales conventionnées avec la fondation. »
« Cette convention porte sur le déploiement et la mise en service de cinquante unités sur une période d’intervention s’étalant sur douze mois« , poursuit notre source, qui note que « pour sa première année d’activité, le programme des unités médicales mobiles connectées nécessitera un investissement de 180 millions de dirhams, co-financé par le fondation et le ministère de la Santé ».
Un programme qui combine présentiel et distanciel dans la prise en charge des patients
Et notre interlocutrice de poursuivre : « La particularité de ce programme réside dans l’outil, à savoir les unités médicales mobiles, qui seront installées de façon permanente dans les zones ciblées, ainsi que le mode d’intervention qui combine des prestations médicales de proximité réalisées en présentiel par un médecin généraliste à la prise en charge spécialisée à distance des patients via la télémédecine. »
« La continuité des soins, quant à elle, sera assurée grâce au partage des dossiers des patients avec le système d’information hospitalier. »
Des équipements biomédicaux de dernière génération
Toujours selon Sanae Dardikh, « ces unités mobiles connectées sont dotées d’une gamme complète d’équipements biomédicaux de dernière génération. Celle-ci comprend le mobilier médical, du matériel avancé (otoscope, dermoscope, caméra mobile, iriscope, ECG et échographe double sonde) ainsi que les instruments de base (tensiomètre, oxymètre, toise, balance, stéthoscope, thermomètre) en plus d’écrans tactiles de télémédecine, permettant de réaliser à la fois des diagnostics in situ et en mode télé-expertise ».
« Ces équipements sont connectés pour rapatrier automatiquement la donnée médicale sans besoin de saisie manuelle de l’information, limitant ainsi le risque d’erreur et optimisant le temps médical alloué au patient. »
« Le patient est pris en charge par l’équipe médicale sur place, qui assure un examen clinique approfondi à l’aide des dispositifs connectés et d’une application d’assistance embarquée. Quant à la télé-expertise, le recours à celle-ci est décidé par le médecin sur place en fonction de l’état du patient. Il est dès lors assisté à distance par le spécialiste lors de la séance de télémédecine. »
Les prestations de soins possibles
Selon la fondation, « les unités, conçues en tant qu’outil de diagnostic, de soins et de prévention, mettent à disposition des populations les prestations de consultation en présentiel, la télé-expertise spécialisée, le dépistage, la vaccination, la sérothérapie et la remise des traitements médicamenteux« .
« Pour ce faire, elles sont dotées de modules de consultations et de soins et d’un plateau de télémédecine spécialisée couvrant la gynécologie-obstétrique, la pédiatrie, l’endocrinologie, la dermatologie, l’ORL, la cardiologie et la pneumologie. D’autres spécialités peuvent être sollicitées selon les cas qui se présentent ou la prévalence enregistrée dans la zone couverte par l’unité. »
« Le volet du dépistage servira également comme base de planification d’actions complémentaires, notamment celles liées à la chirurgie (cataracte et/ou autres), en plus du déploiement des programmes nationaux de santé publique. »
Les unités déjà testées durant le séisme
Par ailleurs, « une phase de test a déjà été enclenchée dans le contexte exceptionnel du séisme pour répondre à l’urgence de l’aide médicale à apporter aux populations de la province d’Al Haouz, zone de l’épicentre qui a été le plus durement touchée », nous confie notre source.
« Plusieurs sites ont ainsi été dotés d’unités médicales mobiles connectées, à savoir Talat Nyaacoub (situé à 15 km de l’épicentre), Asni, Ouirgane et Amizmiz ainsi qu’Adassil dans la province de Chichaoua. Cette phase a permis, entre autres, d’évaluer les besoins spécifiques en prise en charge spécialisée et en traitements médicamenteux, ainsi que l’organisation de l’activité des unités. »
Depuis la signature, où le déploiement à grande échelle a été institué, de nouvelles unités ont été installées dans les provinces d’Azilal, Ouarzazate, Zagora et Boulemane. D’autres unités sont en cours de déploiement, l’installation définitive de l’ensemble des unités étant planifié pour la fin du mois de novembre.
Plusieurs critères pris en considération dans le choix de la province
« Le programme prévoit un déploiement national circonscrit à cinquante unités. Un ciblage a donc été opéré pour desservir les zones, dépendamment des critères liés notamment à la situation territoriale (rural) et géographique (éloignement) ainsi qu’à la démographie des zones, qui ont été croisés avec les données de positionnement des centres de santé au niveau provincial. »
Ainsi, « quarante provinces relevant des douze régions du Royaume ont été identifiées. Un second niveau de ciblage, à savoir la distance par rapport aux lieux d’habitation et accès routier, a été opéré afin de déterminer le site d’implantation des unités ».
Cinquante généralistes et vingt spécialistes mobilisés
Le fonctionnement de chaque unité est assuré par « une équipe composée d’un médecin généraliste, de deux infirmiers (ères) et d’une ressource administrative. L’équipe médicale est en charge des prestations et soins qui sont administrés directement aux patients, complétées par la télé-expertise fournie par un pool de spécialistes opérant depuis un plateau central de télémédecine ».
« Au total, une équipe globale de cinquante médecins généralistes, cent infirmiers (ères) et vingt médecins spécialistes est mobilisée pour garantir la bonne prise en charge des patients », ainsi que 100 infirmiers (ères) et 100 assistantes, répartis sur les différentes provinces, conclut notre source.