« Après le rejet du budget que la maire a présenté, nous allons tout faire pour provoquer son départ. Nous n’attendrons pas octobre 2024, date à laquelle un vote à la majorité des deux tiers des élus pourra être organisé pour la limoger, comme le permet la loi 113-114 relative aux communes« , nous explique le conseiller d’opposition FGD, Omar Hayani.

Les élus veulent convoquer une session extraordinaire

Pour cela, plus de 60 conseillers sur 80 viennent de signer une motion réclamant une session extraordinaire, soit une majorité constituée d’élus de la majorité et de l’opposition.

La tenue de cette session extraordinaire aura pour but de rétablir l’application des articles du règlement intérieur régissant le fonctionnement des réunions du conseil, qui avaient fait l’objet de « modifications unilatérales de la présidente pour renforcer son pouvoir et éliminer toute contestation », selon plusieurs conseillers.

Tout en continuant à boycotter les travaux du conseil, les élus de la majorité et de l’opposition se sont donc alliés pour abroger certains changements imposés, comme le plafonnement du nombre de questions écrites posées en session plénière, qui a notamment limité le quota de questions de l’opposition.

« Pour éviter d’avoir à écouter nos questions qui ne lui plaisaient manifestement pas, la maire a introduit un principe de proportionnalité déterminant un quota de questions en fonction du nombre d’élus de chaque parti », dénonce Omar Hayani.

Il rappelle que la FGD attend toujours la décision du tribunal administratif que son parti a saisi pour annuler le changement du règlement qui ne l’autorise plus qu’à poser une seule question tous les quatre mois, contre quinze auparavant.

À la question de savoir pourquoi les élus de la majorité soutiendraient la demande de l’opposition d’annuler cette modification du règlement qui ne les affecte pas, le conseiller FGD indique qu’un marché gagnant-gagnant a été conclu avec les anciens soutiens de la présidente pour paralyser les travaux et la pousser à démissionner.

Rétablir les débats filmés 

Hormis l’annulation du principe de proportionnalité, la session extraordinaire aura pour ordre du jour d’imposer, par un vote à la majorité des deux tiers, le retour de la possibilité de filmer les débats du conseil et de les diffuser en direct sur les réseaux sociaux pour informer les habitants de la capitale de la teneur des discussions.

Une pratique que la présidente avait fait interdire, selon notre interlocuteur, pour établir une sorte de huis clos des travaux du conseil et imposer ses décisions sans que l’opinion publique ne puisse être témoin de ses pratiques.

Au cours de la session extraordinaire, il sera aussi question de rétablir le droit dévolu à chaque groupe, qui avait été abrogé par la maire, de disposer, au début de chaque réunion du conseil, d’un temps de parole de cinq minutes pour poser des questions urgentes relatives au fonctionnement de la ville, sans obligation d’être inscrite à l’ordre du jour.

« Un audit pour savoir pourquoi l’arrêt de justice qui interdit la pose de sabot à Rabat n’est toujours pas appliqué »

Hormis ces trois changements du règlement intérieur qui seront débattus au cours de la session extraordinaire, les conseillers exigent également un audit de Rabat Parking, qui refuse toujours d’appliquer le jugement de la Cour de cassation interdisant aux agents de cette société de poser des sabots aux utilisateurs de véhicules qui ne se sont pas acquittés du droit de parking dans les horodateurs de la capitale.

Si cette requête est adoptée, une commission devra donc enquêter sur les raisons qui poussent la maire à autoriser cette pratique de pose de sabot, alors qu’elle a été interdite par un arrêt définitif de la justice.

« La maire fait face à une enquête sur les dysfonctionnements budgétaires »

À l’instar de Omar Hayani, le conseiller RNI Driss Razi nous confirme qu’une commission d’enquête de l’Inspection générale des collectivités territoriales a longuement auditionné la maire dans l’après-midi du jeudi 9 novembre, pour auditer les comptes après « un rapport défavorable sur des dysfonctionnements budgétaires de la municipalité ».