Voici le texte de Abderrahim Kassou :
« Nous sommes passés sur le site de Tinmel le lundi 13 novembre dans le cadre d’une mission commune Icomos Maroc Icomos Espagne composée d’architectes, d’ingénieurs et d’archéologues. Cette mission est liée à une réflexion en cours sur la mise en place d’un plan de gestion des risques impactant le patrimoine.
« Nous avons pu constater lors de notre passage inopiné sur place qu’une large équipe était à pied d’œuvre pour reprendre en main le site. Je rappelle que l’impact du séisme sur ce monument est considérable. Nous avons pu constater sur site le tri des matériaux susceptibles d’être réutilisés comme les briques par exemple. Par ailleurs, les éléments architectoniques comme les parties de décors, fragments sculptés ou pièces spécifiques sont identifiés sur le point de collecte, triées, inventoriées et entreposées par zone dans un local dédié et sécurisé. Nous avons d’ailleurs pu consulter quelques unes des fiches d’inventaire concernant ces fragments retrouvés.

Photo d’Abderrahim Kassou, montrant des matériaux triés sur le site.
« Nous avons également constaté la consolidation et le soutènement des arches et des pans de murs encore debout.
« Notre mission concernait l’ensemble du Haouz et pas uniquement la mosquée de Tinmel. L’objet de cette précision est de témoigner sur ce qu’on a vu lors de notre passage de manière inopinée sur le site de Tinmel. Les questions précises doivent être posées aux porteurs du projet.
« Je signale toutefois qu’ailleurs dans les villages environnants, les gravats sont encore là et à part les routes, rien n’a été évacué. »
Abderrahim Kassou
Secrétaire général de Icomos Maroc
[NOTE DE LA RÉDACTION]
Le témoignage de M. Kassou, que nous remercions, n’est pas contradictoire avec les propos rapportés dans notre article. Les sources que nous avons citées reprochent aux porteurs du projet l’absence d’intervention d’archéologues d’urgence, qui sont les premiers concernés à ce stade. Selon ces sources, tout fragment peut receler des informations historiques précieuses, fût-il un morceau de bois ou de céramique brisé. Selon les autres éléments que nous avons recueillis et comme indiqué dans l’article, un tri a été effectué mais il est loin d’être suffisant.
https://medias24.com/2023/11/19/urgence-a-tinmel-des-archeologues-sonnent-lalarme-sur-la-conduite-du-chantier-de-la-mosquee/