Excellent avec un ballon dans les mains ou dans les pieds, Yassine Bounou est le prototype du gardien moderne. À 32 ans, le dernier rempart de l’équipe nationale a été une assurance tous risques sur le Vieux Continent, avant de poser récemment ses valises dans le championnat saoudien, à Al Hilal, tout en maintenant des standards élevés.
Deuxième dans la hiérarchie instaurée par le sélectionneur national Walid Regragui, Munir El Kajoui présente également des garanties. En témoigne sa bonne prestation au Mondial 2022 face à la Belgique. Il compense son déficit de taille par sa mobilité et une relance globalement sûre. Quant à El Mehdi Benabid, qui représente une solution d’avenir, il semble avoir été fait dans le même moule que ses aînés.
Il n’en faudra pas moins, car de nos jours, le dernier rempart n’a plus comme fonction principale de ne pas encaisser de buts et de repousser les tentatives adverses. Dans le football moderne, où la possession a fait son nid, avoir dans ses rangs un gardien capable de jouer au pied est un précieux atout.
Cette transition vers un nouveau type de gardien de but, considéré comme le 11e joueur et premier relanceur, trouve son origine dans l’interdiction de prendre le ballon à la main après une passe de l’un de ses coéquipiers (1992). Grâce à cette modification structurelle, le jeu est devenu plus attractif, et les gardiens n’ont plus la possibilité de perdre du temps en jouant la montre.
Ainsi, les instances du football ont relégué au rang des souvenirs l’époque où les gardiens de but touchaient le ballon avec les mains jusqu’à quatre minutes par match en moyenne, notamment lors de la Coupe du monde 1990. Une édition qui a mis en lumière un portier colombien dont les fantaisies étaient avant-gardistes, même s’il l’a payé au prix fort.
Le Colombien René Higuita, auteur du fameux coup du scorpion, avait l’amour du risque et ne se gênait pas pour sortir balle au pied loin de sa surface de réparation. Certes, en prolongation du huitième de finale de la Coupe du monde 1990 face au Cameroun, Roger Milla lui a subtilisé le ballon à 20 mètres de son but pour envoyer son équipe en quart de finale (2-1).
Mais pas de regret pour Higuita, qui dira quelques années plus tard, dans une interview accordée à la FIFA, « avant, on disait que les gardiens qui utilisent beaucoup leurs pieds étaient fous. Mais avec les nouvelles lois, on doit le faire de plus en plus« . Plus raisonnés dans leur approche de l’utilisation du ballon, les gardiens de l’équipe nationale n’ont pas pour autant les pieds carrés.
Yassine Bounou, présent dans le top 5 des meilleurs gardiens du championnat d’Arabie saoudite, dirige d’une main de fer la meilleure défense de la Saudi Pro League, en réalisant près de 3 arrêts par match. En outre, il réussit 98% de ses relances courtes et six passes longues sur dix. De leur côté, Munir El Kajoui et El Mehdi Benabid présentent des statistiques moins impressionnantes, mais dans une moyenne haute, donnant ainsi plus de poids à la hiérarchie décidée par Walid Regragui.
Retrouvez ci-dessous les données statistiques détaillées des performances des gardiens de l’équipe nationale, lors de la saison 2023-2024.