« Ajourné depuis près de deux ans et demi, le renouvellement de nos instances, qui devait statutairement se tenir au dernier trimestre de 2021, se tiendra après la fin du ramadan ». C’est ce que nous révèle une source fiable, ajoutant que les préparatifs sont désormais en cours, depuis peu.
Les raisons d’un ajournement qui s’allonge depuis 2021
Comment expliquer le retard de la tenue du 18e congrès national ? Premier élément de réponse : la pandémie de Covid-19, qui aura duré plus de deux ans et a par conséquent empêché l’organisation de grands rassemblements en présentiel, explique notre source.
Deuxième élément de réponse : les élections législatives en septembre 2021 ont mobilisé l’ensemble de l’appareil du parti, dont les instances dirigeantes qui ont, par la suite, dû entamer des discussions avec les autres formations politiques pour préparer puis décider de son entrée au sein de la coalition gouvernementale.
À ces deux éléments s’ajoutent plusieurs crises internes avec le clan de Hamdi Ould Rachid auxquelles a été confronté le secrétaire général, qui a préféré prendre son temps pour ramener le calme au sein de l’Istiqlal et éviter que l’expérience traumatisante du 17e congrès, marqué par des violences émanant du candidat Hamid Chabat, ne se reproduise.
« Le congrès aura lieu lors de la troisième semaine d’avril »
Notre source confirme l’annonce de Nizar Baraka à la première chaîne télévisée publique sur la tenue proche du 18e congrès.
Les commissions, précise-t-elle, vont bientôt être désignées pour préparer le rapport moral et financier qui sera présenté au terme du mandat du secrétaire général lors du renouvellement des instances.
« Dans quelques semaines se tiendra une session ordinaire du comité exécutif qui devra désigner le président et les membres de la commission préparatoire qui, à leur tour, constitueront les commissions politique, juridique et organisationnelle en charge de l’organisation du congrès », révèle le membre du Conseil national.
À l’issue de cette réunion sera annoncée la date du congrès, prévu, d’après notre interlocuteur, au cours de la troisième semaine d’avril au plus tard.
« Nizar Baraka, seul candidat »
Concernant la réorganisation du Conseil national souhaitée par Hamdi Ould Rachid, qui l’opposait à Nizar Baraka, les divergences ont été « résolues à 85% », nous dit-on.
Le secrétaire général sortant, qui désire rempiler pour un deuxième mandat, devrait être le seul candidat à se présenter au leadership, ajoute-t-on de même source.
A ce propos, notre interlocuteur tient à démentir certaines rumeurs relatives à un irrémédiable conflit fratricide : « Il y a simplement eu un débat sur des amendements proposant de réformer le profil des futurs membres du Conseil national, qui décide de toutes les grandes orientations du parti ».
« Il n’a jamais été question que le maire de Laâyoune ou que son gendre, Enaam Mayara, qui dirige le syndicat UGTM du parti, veuillent succéder à Nizar Baraka », rectifie encore ce proche du secrétaire général, en rappelant au passage l’expérience désastreuse et traumatisante du syndicaliste Hamid Chabat à la tête du parti.
Si elle refuse de crier victoire trop rapidement, notre source soutient néanmoins que le secrétaire général sortant « ne devrait avoir aucun mal à rassembler suffisamment de votes pour un deuxième mandat ».