Un mois et demi après son voyage de 10 jours en Chine qui avait entraîné, faute d’avoir délégué ses pouvoirs, la paralysie des services administratifs de Rabat, Asmaa Rhlalou s’est rendue à Dakar dans les mêmes conditions avant que le wali ne l’oblige à rentrer au Maroc pour débloquer la situation, avancent ses opposants. Un rappel qui ne l’a pas empêchée de partir en Mauritanie pour assister à un congrès maghrébin.
Un blocage à répétition du travail administratif
« Nous avons une session ordinaire du conseil jeudi prochain où sa présence est statutairement requise mais nous ne savons pas si la présidente qui est actuellement à Nouakchott sera là », dénonce le conseiller RNI, Driss Razi, en précisant que ce voyage avait empêché de valider des travaux, des achats de fournitures ou services et de signer des documents comptables ou correspondances administratives.
Faute de déléguer ses pouvoirs à l’un de ses 8 adjoints quand elle voyage à l’étranger, comme l’y oblige la loi régissant les communes, notre interlocuteur affirme que l’administration de Rabat se retrouve bloquée et qu’aucun projet n’aboutit durant son absence.
Et de rappeler que cette paralysie administrative de la capitale avait d’ailleurs poussé le wali à l’obliger à revenir à deux reprises de ses voyages en Chine et au Sénégal pour débloquer la situation.
« Un mandat pour rien »
Selon un autre élu de l’opposition, la multiplication des voyages à l’étranger de la présidente pose la question de savoir quel intérêt les habitants de la ville de Rabat retirent de ces déplacements, et donc des absences à répétition de la présidente ? Or, son absence nuit certainement au bon fonctionnement du conseil de la ville, ainsi qu’à son développement économique.
Des déplacements qui sont dans le viseur des élus. La présidente se contente de multiplier des déplacements financés par les habitants de la ville, et ce, en contradiction avec son discours qui prône la rationalisation des dépenses et la bonne gouvernance.
« La commission d’inspection de l’Intérieur »
Déjà rejetée par une quarantaine d’élus sur soixante, la présidente fait aussi face depuis novembre dernier, à une commission d’inspection du ministère de l’Intérieur qui examine la conformité budgétaire, ainsi que la gestion de la société Rabat Parking, appartenant à la municipalité.
« Les inspecteurs de l’Intérieur sont présents depuis plus de trois mois à la mairie », indique notre interlocuteur, qui ajoute que si « des éléments incriminants sont relevés par les inspecteurs, cela pourrait mener à suspendre la maire ou l’obliger à démissionner ».
Le cas échéant, le wali, qui a déjà dû prendre en charge le budget de 2024, devra convoquer tous les élus du conseil de la ville pour élire un nouveau président sans obligation d’attendre le mois d’octobre.
C’est là tout l’enjeu de la bataille menée par les opposants de Rhlalou. Cette dernière s’accroche à son siège, refusant de démissionner. De leur côté, ses détracteurs guettent le moindre faux pas pour la pousser vers la sortie.
« Asmaa Rhlalou est prise à partie par son ancienne majorité et par l’opposition. Elle n’a aucune vision pour Rabat. Elle se contente de gérer les affaires courantes jusqu’à mi-mandat, date à laquelle un vote de la majorité des deux tiers des élus l’obligera à partir », tranche notre source.
La loi 113-14 l’autorise à rester en poste contre vents et marées jusqu’à octobre 2024, avant d’être éventuellement limogée par une motion exprimée par le conseil.