« Après les malheureux événements qui ont entaché l’image de notre parti, nous réfléchissons à changer l’organisation de notre top management en ne s’appuyant plus sur une personne, mais sur un groupe de dirigeants, de préférence jeunes », nous révèle une personnalité importante du PAM, au lendemain d’une réunion consacrée à l’élection du futur secrétaire général.

« Pour faire de la politique autrement »

Deux jours avant le début du 5e congrès du parti du tracteur, aucun candidat ne s’est déclaré pour succéder à Abdellatif Ouahbi, qui a annoncé aux dirigeants de son parti qu’il ne se représenterait pas.

Sollicitée au sujet des candidatures éventuelles de Fatima Ezzahra El Mansouri ou Mehdi Bensaïd, qui sont poussées par la base pour succéder au secrétaire général sortant, une source proche des deux figures du PAM affirme qu’il ne faut plus raisonner en termes de candidats.

« À l’occasion de notre congrès qui survient dans un contexte agité, nous avons décidé de faire de la politique autrement, en changeant le mode de fonctionnement de notre direction », révèle notre source, qui nous apprend que le PAM veut innover et mettre en place un autre modèle qui permettra de se distinguer des autres formations, habituellement dirigées par un secrétaire général ou un président.

Selon notre interlocuteur, la réflexion porte sur une sortie du schéma classique du leader tel qu’on le connaît, afin de diluer le pouvoir attribué habituellement au chef de parti en faveur d’un groupe de personnes, dans le cadre d’une direction collégiale qui pourrait être bicéphale ou encore tricéphale.

Mettre fin à l’existence du dirigeant charismatique

Cette innovation mettra ainsi un terme au poste de numéro 1 du PAM, avec la création d’un comité directeur composé de plusieurs dirigeants qui exerceront le pouvoir ensemble.

Une solution alternative qui pourrait, selon lui, inciter Fatima Ezzahra El Mansouri à rejoindre cette direction sans avoir à se présenter au leadership auquel elle refuse d’accéder en raison de ses lourdes responsabilités de ministre et de maire.

« Notre objectif est de sortir de la vision archaïque qui prédominait jusqu’ici en énonçant qu’un parti ne peut exister et se développer que par l’élection d’un dirigeant charismatique », affirme notre source qui tient à préciser qu’aucun candidat ne s’est présenté à ce jour pour succéder à Abdellatif Ouahbi.

Et de conclure que les détails du futur mode de fonctionnement managérial feront l’objet d’une annonce officielle à partir du premier jour du congrès, à savoir le vendredi 9 février.

« Un débat interne pour dépasser l’actualité »

De son côté, la présidente du conseil affirme qu’un débat interne est en cours au PAM pour dépasser les moments difficiles que le champ politique traverse actuellement.

Se voulant à l’écoute et réactive, Fatima Ezzahra El Mansouri souhaite redonner sa crédibilité au parti du tracteur, qui est une institution d’intermédiation avec la population, en mettant en avant sa compétence, son intégrité, sa sincérité d’engagement et sa responsabilité vis-à-vis des citoyens.

« La jeune génération doit prendre les rênes du parti »

« Je tiens à remercier les militants d’avoir placé leur confiance en moi, mais, aujourd’hui, ce qui m’importe n’est pas de me présenter, mais de décliner toutes les ambitions et le renouveau de la génération PAM qui a acquis beaucoup d’expérience après quinze années d’existence.

« C’est la raison pour laquelle je considère que cette génération est prête à prendre les rênes de notre parti et à le faire avancer », indique Mansouri, qui estime nécessaire de rajeunir les mécanismes des instances dirigeantes et de mettre, par la même occasion, un terme définitif à l’époque révolue du « zaïm ».

Précisant que cette piste parmi d’autres n’est pas tranchée, notre interlocutrice conclut que la décision finale sur une éventuelle réforme appartiendra aux congressistes qui auront le dernier mot.

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