Contacté par Médias24, le président de la Confédération marocaine des agriculteurs et du développement rural, Rachid Benali, indique que ce sont initialement les agriculteurs français en grève qui s’en sont pris aux camions marocains, avant que le phénomène ne s’étende rapidement en Espagne. Cette situation suscite une incompréhension profonde du côté marocain, notamment parce que la balance commerciale entre le Maroc et l’Europe penche largement en faveur de cette dernière.

En outre, les critiques formulées à l’encontre des produits agricoles marocains, en particulier concernant une prétendue « utilisation excessive de pesticides », notamment sur les tomates, sont fermement réfutées par M. Benali. « Ces allégations sont totalement infondées. Nos produits sont en parfaite conformité avec les normes en vigueur », assure-t-il, soulignant que les produits marocains font l’objet de contrôles rigoureux, tant par les autorités marocaines avant l’exportation que par les autorités européennes à leur entrée sur les marchés européens.

La Comader avait déjà exprimé dans un communiqué son inquiétude « suite aux attaques récurrentes et infondées dont les produits marocains font l’objet », et a tenu à rappeler les chiffres actuels et les bases contractuelles sur lesquelles reposent les relations commerciales entre le Maroc et l’Union européenne.

600 à 700 camions immobilisés sur le sol européen

Aujourd’hui, entre 600 et 700 camions transportant des produits agricoles marocains se trouvent immobilisés sur le sol européen. Contacté par nos soins, Mohammed Ellimani, secrétaire général de l’Organisation démocratique du transport et de la logistique, exprime son espoir de voir ces grèves prendre fin rapidement et appelle à une intervention des autorités européennes pour une solution avec les syndicats agricoles.

« Cette impasse provoque des désagréments significatifs avec nos clients au Maroc et en Europe », souligne M. Ellimani, mettant en avant l’urgence d’une résolution pour restaurer la fluidité des échanges. L’enjeu est de taille, tant pour les producteurs marocains que pour les consommateurs européens qui dépendent de ces importations.

Malgré le contexte difficile, Ellimani relève un aspect rassurant : « Seulement 4 à 5% des cargaisons réfrigérées ont été ouvertes. La majorité des grévistes se contentent de bloquer les camions sans en compromettre le contenu ». Ceci signifie que, bien que les livraisons soient retardées, la qualité des produits agricoles marocains destinés aux marchés européens n’est pas affectée.

L’appel de l’Organisation démocratique du transport et de la logistique à un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes, est un cri d’alarme sur l’importance de maintenir ouvertes les voies commerciales entre le Maroc et l’Europe.

La situation soulève également des questions sur les dynamiques de concurrence et les tensions commerciales au sein de l’Union européenne, dans un contexte où la coopération et le dialogue devraient prévaloir.