« Malgré un retard de plus de deux ans dû à des facteurs conjoncturels et internes, le 18e congrès se tiendra bien du vendredi 26 au dimanche 28 avril », nous déclare un proche de Nizar Baraka, qui précise que ce dernier a obtenu la bénédiction de la majorité des militants et des cadres du parti pour rempiler à un deuxième mandat.
Actualiser le projet de société de l’Istiqlal qui sera présenté aux congressistes
Elu le 2 mars dernier à la tête du comité préparatoire du 18e congrès national du Parti de l’Istiqlal, Abdeljabbar Rachidi revient pour Médias24 sur les préparatifs de cet événement attendu depuis septembre 2021.
« Aujourd’hui, le comité ad hoc s’occupe des travaux préparatoires et de la préparation morale, intellectuelle et matérielle du congrès », nous explique le président. Ce rendez-vous sera l’occasion de formuler le projet de société renouvelé de l’Istiqlal, ajoute-t-il.
Une mouture censée apporter des réponses aux questions d’actualité brûlantes soulevées dans la société, sur la base de l’idéologie du parti et avec pour référence l’égalité économique et sociale.
« Nous aspirons à créer un débat public sur les idées du parti et sur sa vision concernant diverses problématiques pour trouver des solutions appropriées. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons décidé d’organiser de grands séminaires nationaux, pour débattre de questions d’actualité qui impliqueront les militants et les citoyens dans plusieurs régions du Royaume », souligne Abdeljabbar Rachidi.
« Sept sous-comités à pied d’œuvre pour préparer le congrès »
Pour cela, sept sous-comités travaillent à rédiger des rapports qui seront présentés au comité préparatoire national pour approbation avant d’être soumis aux participants du congrès :
– la Commission de l’unité territoriale, des affaires politiques et régionales et de la gouvernance territoriale ;
– la Commission des lois et règlements ;
– la Commission des questions économiques et du développement durable ;
– la Commission sociale, de la jeunesse et des sports ;
– la Commission de la famille, de la femme, du développement durable et de l’équité ;
– la Commission des Marocains du monde et des questions d’immigration ;
– la Commission des références partisanes, de l’identité et des valeurs.
3.000 à 5.000 congressistes pour élire les nouveaux membres du Conseil national
« Dès la semaine prochaine, les délégations régionales du parti vont organiser 80 conférences dans les douze régions du Royaume et dans ses différentes provinces afin de désigner les congressistes qui devront choisir, par voie électorale, les 1.200 futurs membres du Conseil national », explique Abdeljabbar Rachidi. Leur nombre sera déterminé et connu avant le début des travaux du 18e congrès, précise-t-il.
Selon l’article 92 des statuts du parti, le comité préparatoire est en effet chargé de déterminer le nombre de congressistes et les critères sur la base desquels ils sont répartis entre les régions.
N’ayant pas été en mesure d’établir « leur nombre toujours en discussion », Médias24 a par conséquent sollicité une autre source qui l’a estimé entre 3.000 et 5.000 congressistes.
Précisons que ces derniers seront appelés à voter pour les 1.200 membres du futur Conseil national, dont la vocation est d’établir la ligne politique du parti pour la durée du mandat du 18e congrès.
« Une première journée pour faire le bilan et envisager l’avenir du parti »
Lors de ce 18e congrès qui se tiendra les 26, 27 et 28 avril, la première journée sera consacrée à la présentation du rapport moral et financier ainsi qu’à des discussions sur les performances et les acquis réalisés depuis le 17e congrès, qui a eu lieu en juillet 2017.
Tout en se félicitant des avancées du parti, qui s’est classé troisième aux dernières élections générales, le président de la commission déclare que cette première journée sera aussi l’occasion de faire son autocritique.
Cette démarche nécessaire permettra de moderniser et de développer les mécanismes de travail du parti, de continuer à renforcer les rôles constitutionnels du parti, de remplir son rôle d’encadrement et d’intermédiation des citoyens et d’œuvrer à rétablir la confiance dans l’action politique afin de revitaliser la vie publique pour minimiser l’abstentionnisme.
« L’élection de Nizar Baraka se fera sans suspens »
Après avoir fait le bilan politique, moral et financier du 17e congrès, les nouveaux élus du Conseil national (Parlement du parti) désignés lors des conférences régionales voteront lors de la deuxième journée du congrès pour élire les 29 membres du nouveau comité exécutif (bureau politique).
Au cours de la troisième et dernière journée, les membres du Conseil national devraient désigner sans aucun suspens Nizar Baraka comme nouveau secrétaire général du parti pour un deuxième mandat.
Un scénario confirmé par le président du comité préparatoire, qui rappelle que les 28 membres du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal avaient soutenu à l’unanimité, et sans aucune réserve, la candidature unique du secrétariat général sortant lors d’une réunion le 25 février dernier.
Et de rappeler enfin que si dans les autres partis politiques, il y a toujours eu plusieurs candidats au leadership, la règle à l’Istiqlal a toujours été d’avoir un seul candidat ; il serait en effet inimaginable qu’un membre du parti veuille se présenter contre des Zaims comme Allal El Fassi ou Mohamed Boucetta.