« Le fait d’essayer un matériel ne traduit pas forcément un intérêt envers ce matériel ou un type de matériel particulier. Cela peut simplement être l’occasion de s’en faire une idée en cas de besoin futur. Ces essais se font souvent à la demande du vendeur dans le cadre de ses actions commerciales », nous éclaire Abdelhamid Harifi, contacté par Médias24.
« Le KC390 a été présenté à plusieurs reprises aux Forces armées royales au cours des dix dernières années« , rappelle-t-il, ce qui témoigne selon lui de l’intention du brésilien Embraer de se positionner pour les appels d’offres lancés par le Maroc. Ces efforts ont d’ailleurs conduit à l’acquisition, par le Maroc, des appareils Spartan.
Aujourd’hui, face à une flotte de CN235 CASA approchant la fin de leur cycle de vie opérationnelle et des C130H nécessitant une mise à niveau, M. Harifi estime que « l’option KC390 reste envisageable vu le prix compétitif et la possibilité de transfert de technologies ». Ces facteurs pourraient jouer un rôle clé dans les décisions futures concernant la stratégie de renforcement des capacités de transport aérien du Maroc.
L’expert militaire fait référence à des négociations antérieures, précisant qu’ »il y a quelques années, nous avons parlé de la reprise de deux C130H, ex-USAF, via le programme EDA ; reprise qui n’a finalement pas abouti compte tenu des conditions des cellules et du coût exorbitant pour les remettre en conditions opérationnelles ». Cette expérience passée pourrait influencer la manière dont les décideurs marocains appréhendent les discussions actuelles sur le renouvellement de la flotte.
L’ensemble de ces considérations stratégiques rendent donc très complexe le processus de modernisation de la flotte aérienne militaire du Maroc, dans un contexte de course au réarmement de plus en plus soutenue.