Aujourd’hui, tout l’enjeu au Maroc est de bâtir des systèmes de production durables et résilients. Ces dernières années de sécheresse ont réduit à néant les réserves hydriques de certains périmètres sucriers importants. Ce qui, à l’évidence, a impacté la filière sucrière. Toutefois, de l’avis de Hassan Mounir, la filière sucrière a su démontrer une grande résilience pour continuer à contribuer grandement à la souveraineté alimentaire du pays. Et ce, dans le contexte d’une pluviométrie de plus en plus critique.
Pratiques novatrices dans la gestion de l’eau
Sous l’impulsion du groupe agrégateur de plus de 80.000 agriculteurs, encadrés par une équipe de 120 techniciens et ingénieurs agronomes, les producteurs de plantes sucrières ont été accompagnés dans la mise en œuvre de pratiques novatrices. Il y a lieu de citer la réalisation de forages profonds autorisés et l’équipement des parcelles en énergie solaire. Ce qui offre une solution durable pour réduire les coûts tout en adoptant des méthodes respectueuses de l’environnement.
« L’introduction du système de goutte-à-goutte a permis une gestion plus efficiente de l’eau, avec une réduction de 30% de sa consommation. Le projet baptisé ‘Supplant’ a également marqué une avancée majeure, exploitant les nouvelles technologies pour équiper les parcelles en vue de rationaliser l’irrigation et d’optimiser l’utilisation des ressources hydriques », a expliqué le DG du groupe, porté par un programme d’investissement de plus de 10 MMDH visant la modernisation de ses opérations et la réalisation des avancées significatives en matière d’innovation et de R&D.
Concrètement, cet effort d’investissement massif a permis à Cosumar de réduire de 90% la consommation d’eau depuis 2005. Notons que l’approche innovante dont l’objectif est de réduire le besoin en eau des parcelles de 50% a été mise en œuvre dans les différentes régions de production des plantes sucrières.
Le groupe qui mise sur une gestion durable de l’eau, incorporant des techniques avancées et l’usage de capteurs intelligents, revendique d’ores et déjà des résultats prometteurs. D’ailleurs, les études de généralisation de cette technologie ont été lancées. La structure dont la raffinerie affiche une capacité de traitement de 1,5 million de tonnes annuellement s’appuie sur le pilotage intelligent de l’irrigation.
Les avantages du pilotage intelligent de l’irrigation
Le programme de recherche et développement visant la digitalisation des cultures sucrières du groupe sucrier, qui a exporté en 2023, plus de 750.000 tonnes de sucre blanc vers plus de 80 pays, a été abordé par Hassan Mounir lors de la rencontre en marge du SIAM.
Le pilotage intelligent de l’irrigation adopté par Cosumar fournit, entre autres, des informations cruciales sur l’humidité, la température du sol et la croissance des racines de la betterave à sucre. Concrètement, cette approche pilotée par l’intelligence artificielle offre la possibilité de communiquer les exigences en matière d’irrigation, les prévisions météorologiques, les alertes et conseils sur les conditions météorologiques extrêmes ainsi que les alertes de déficit hydrique. De plus, un planning d’irrigation intégrant les besoins en quantité d’eau pour la plante peut être émis par la solution en temps réel.
Autre avantage de cet outil expliqué lors de la rencontre : le suivi de l’évolution de la croissance des betteraves à sucre en parallèle avec leurs besoins en eau. Cette méthode permet de définir précisément les quantités d’eau nécessaires. Ce qui constitue une optimisation de l’irrigation. Enfin, selon les explications apportées, l’agriculteur peut effectuer un suivi en temps réel de la parcelle en recevant quotidiennement les notifications sur son téléphone comprenant des recommandations de planning d’irrigation ainsi que les besoins hydriques de la plante. En résumé, les gains de cette solution sont la réduction de la consommation d’eau en attribuant à la betterave à sucre les besoins exacts en eau tout en assurant une bonne croissance de la racine et une richesse élevée en sucre.