Malgré des conditions climatiques difficiles, le Maroc jouit de potentialités agricoles riches et diversifiées. Toutefois, certains modèles agricoles sont fragilisés et précarisés, à l’image de l’agriculture familiale qui symbolise le lien rompu entre les consommateurs et les producteurs. Une rupture à laquelle le projet Mahdia tentera de remédier.
En association avec l’École nationale d’agriculture de Meknès (ENAM), l’Institut national agronomique de Tunisie (INAT), l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et l’Institut Agro Montpellier, le projet Mahdia est financé sur deux ans et demi, à hauteur de 10,7 millions de DH, par le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères.
Une aubaine pour l’agriculture du pays qui, en réalité, n’est pas seulement moderne ou traditionnelle. « L’agriculture nationale possède plusieurs facettes, dont plusieurs sont durables, comme l’agriculture familiale », précise, dans un entretien accordé à Médias24, Mostafa Errahj, enseignant-chercheur à l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès.
Rencontré lors du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), ce dernier souligne l’importance d’optimiser « nos modèles d’agriculture résiliente, par une pluralité d’activités et un ancrage territorial, notamment en faisant valoir l’équité territoriale ».
Relier les différents acteurs du système alimentaire
À ce titre, il ne serait pas superflu de renouer le fil entre le producteur et le consommateur d’autant que l’agriculture familiale, en termes de compétitivité, ne ‘boxe pas dans la même catégorie’ qu’une agriculture intensive basée sur le profit, « car elle ne dispose pas de ressources suffisantes », souligne notre interlocuteur.
C’est pourquoi l’accompagnement des territoires et de leurs spécificités, dont l’agriculture familiale dans certaines régions du Maroc, est l’un des objectifs poursuivis par le projet Mahdia. « L’idée est de travailler au sein de territoires en périphéries urbaines pour relier les différents acteurs du système alimentaire », indique Olivier Lepiller, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) à Montpellier
Ces acteurs auront la parole lors d’ateliers multi facteurs pour proposer des solutions afin de mettre en valeur la production locale, notamment dans la région de Meknès. « Il pourrait s’agir de produits issus de la filière oléicole ou de légumineuses. In fine, il s’agira de relier la production à la consommation, sachant que ce lien a été distendu à cause de l’urbanisation et de l’industrialisation », insiste Olivier Lepiller.
À cet effet, un séminaire s’est récemment tenu à Meknès, auquel ont été conviés des chercheurs et des acteurs territoriaux des pays et régions impliquées dans le projet Mahdia. Cet événement a notamment permis de définir les contours du concept de produit d’intérêt territorial, en vue de la co-construction de plateformes territoriales.