Après des mois de grève dans le secteur de l’éducation, les enseignants et les syndicats organisent ce vendredi 3 mai, des sit-in devant les différentes académies régionales. Cette mobilisation fait suite, selon eux, à la suspension de 500 à 600 enseignants et enseignantes ayant participé aux manifestations.
Selon une source autorisée du ministère de l’Éducation nationale, actuellement, seuls 200 enseignants restent suspendus et doivent comparaître devant les conseils de discipline.
« Agression et provocations »
Intervenant sur le sujet à la Chambre des représentants en janvier dernier, le ministre de l’Education nationale, Chakib Benmoussa, avait confirmé que « la grève est un droit garanti par la Constitution. Toutefois, la loi insiste sur le principe de la rémunération en contrepartie du travail », avait-il affirmé.
Le ministre avait justifié les procédures entamées par le ministère contre certains enseignants par « les agressions contre les enseignants non grévistes, les provocations au sein des établissements scolaires et le non-respect de la sacralité de l’établissement« .
Dans une déclaration à Médias24, Abdellah Ghmimat, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), estime que la suspension des enseignants qui » exerçaient leur droit de grève est injuste ». Il évoque également une « opacité entourant les raisons de ces suspensions ».
Quant à la convocation des enseignants suspendus aux conseils de discipline le 3 mai, la FNE a déclaré qu’elle ne signerait aucun procès-verbal de condamnation, même pour une journée. Pour les syndicats, « il n’y a aucune raison explicite justifiant une suspension de quatre mois« .
Le mouvement de protestation, coordonné par diverses coordinations d’enseignement, a culminé en une grève nationale le lundi 22 avril 2024. Les enseignants ont organisé des rassemblements devant le Parlement et une marche vers le siège du ministère à Rabat, et ont ensuite tenu un sit-in central ouvert en solidarité avec les enseignants suspendus. Selon les coordinations, les dossiers des enseignants suspendus « ne justifiant pas une telle mesure disciplinaire ».
Rappelons que la série de grèves, qui a duré plusieurs mois, a entraîné une perte considérable de temps d’enseignement, affectant plus de 12.000 établissements et totalisant plus de 8 millions d’heures cumulées.