Les prévisions de trafic réalisées en 2023 sont déjà dépassées. L’augmentation croissante du nombre de passagers dans les six principaux aéroports du Royaume pose un risque urgent de saturation, qui a poussé l’ONDA à accélérer sa politique d’extension pour ajuster son offre aux besoins croissants. D’autant plus, que les aéroports en question sont ceux des villes candidates pour accueillir les matchs de la Coupe du monde de football en 2030.
La forte croissance des arrivées bouleverse les prévisions initiales de 2024
Confronté à une hausse permanente des flux de passagers depuis janvier dernier, l’Office national des aéroports (ONDA) du Maroc a dû actualiser ses prévisions initiales qui tablaient sur une augmentation annuelle de 9%, soit 30 millions de passagers à la fin de l’année 2024.
La multiplication des ouvertures de lignes aériennes (67 nouvelles lignes internationales en comparaison à 2019, et 16 nouvelles lignes aériennes internationales par rapport à 2022) et l’augmentation de 12% des rotations aéroportuaires devraient par conséquent aboutir à 31 millions d’arrivées en 2024, avec un taux de croissance à deux chiffres, de 14% par rapport au 27 millions réalisés en 2023. Soit l’équivalent de 4 millions de visiteurs supplémentaires, au lieu des 2 millions prévus initialement.
À long terme, le taux de croissance annuel moyen projeté entre 2023 et 2040 est de 6% pour Casablanca et Fès, de 9% pour Tanger, Rabat et Marrakech, et de 11% pour Agadir.
Des travaux seront lancés en 2024 dans les aéroports de Marrakech, Tanger et Agadir
Confrontés à des signes de saturation par rapport au niveau de service recommandé par la IATA, les aéroports de Marrakech, Tanger et Agadir bénéficient déjà de plusieurs opérations de réaménagement des infrastructures. Ces Quick wins ont pour but d’améliorer leur capacité et de diminuer la pression sur ces aéroports en attendant les projets d’extension qui devraient démarrer en 2024.
Le conseil d’administration de l’ONDA, qui s’est tenu le 17 mai dernier, avait attiré l’attention sur la nécessité d’accélérer les plans de développement de la capacité de ces aéroports, qui avaient été approuvés par un précédent conseil d’administration le 10 mars 2023, soit avant l’annonce de l’attribution au Maroc de la co-organisation du Mondial avec l’Espagne et le Portugal.
Les extensions prévues devraient permettre d’accueillir à l’horizon 2030 un nombre croissant de passagers dans les meilleures conditions de sécurité, de sûreté et de qualité de service.
L’ONDA prépare une émission obligataire
Pour financer les investissements pour les trois aéroports de Marrakech, Tanger et Agadir, l’ONDA fera appel au marché financier par l’émission d’un emprunt obligataire.
Six appels d’offres qui seront lancés à partir de juillet prochain seront consacrés aux études, au contrôle, à la qualité, à la topographie, aux travaux préparatoires et aux travaux qui seront jugés nécessaires, comme la construction éventuelle d’un terminal et de l’aménagement intérieur.
Afin d’illustrer la nécessité d’accélérer les travaux envisagés depuis 2023, l’ONDA a fait état d’une croissance importante des arrivées dans ces trois grandes destinations touristiques pour 2024.
Ainsi, l’aéroport de Marrakech, qui a traité un flux de 6,9 millions de passagers en 2023, devrait recevoir 8,6 millions en 2024, soit une importante hausse de 24%.
Idem pour l’aéroport d’Agadir qui prévoit un volume de 2,9 millions de voyageurs sen 2024, soit une augmentation de 24% par rapport aux 2,3 millions de passagers accueillis en 2023.
Avec 1,9 million de voyageurs traités l’année dernière, l’aéroport de Tanger devrait en recevoir 2,2 millions en 2024, soit une croissance de 16%.
Capable d’accueillir 2 millions de passagers par an, l’aéroport de Rabat-Salé ne suscite pas de véritable urgence sachant qu’un nouveau terminal, opérationnel en 2025, permettra de faire passer sa capacité d’accueil à 4 millions de passagers. L’aéroport de Rabat-Salé a reçu 1,2 million de voyageurs en 2023. Ce flux atteindra 1,6 million en 2024 selon les prévisions, soit +36% de hausse.
L’extension de Casablanca attendra les résultats de l’étude d’un cabinet espagnol
Pour l’aéroport de Casablanca, dont le développement nécessitera un budget de 10 MMDH, l’ONDA a lancé récemment une étude préalable de programmation, qui a été confiée au cabinet espagnol Ineco.
Elle permettra d’identifier le meilleur scénario pour faire face à la hausse constante du trafic : 9,8 millions en 2023 et 10,3 prévus en 2024.
Afin de porter la capacité d’accueil actuelle de 14 à 35 millions de passagers, les premières recommandations de la mission de conseil, portant sur les prévisions futures de trafic et sur les Quick wins nécessaires, devraient être connues à la fin du mois de mai et le reste à fin mars 2025.
La DGAC déterminera la capacité additionnelle nécessaire pour l’aéroport de Fès
Concernant l’aéroport de Fès, le volume de l’augmentation nécessaire de sa capacité d’accueil devra également attendre les résultats de l’étude lancée en 2024 par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Des résultats qui se baseront sur un nouveau schéma directeur aéroportuaire pour définir le meilleur scénario de développement possible, tout en implémentant des mesures urgentes déjà identifiées.
Une extension nécessaire sachant que cet aéroport devrait connaître une croissance annuelle de 7%, en recevant 1,8 million de passagers à la fin de l’année en cours contre 1,7 million en 2023.