L’entreprise Oulad Zerrad de travaux divers n’est plus en liquidation judiciaire. L’opérateur BTP vient de décrocher l’annulation de cette procédure après un recours validé par la Cour d’appel de commerce de Casablanca.

L’arrêt d’appel a été rendu ce mercredi 5 juin par une formation présidée par Zaoui Bouchra. Il annule une liquidation actée en février 2024. Conséquence, Oulad Zerrad revient officiellement en redressement judiciaire.

Mais encore, l’entreprise bénéficiera également d’un plan de continuation étalé sur les dix prochaines années, lit-on dans le dispositif de la décision consultée par Médias24.

Ce plan est synonyme de bouffée d’air pour Oulad Zerrad. Il implique des rééchelonnements de dettes qui, selon nos informations, avoisinent le milliard de dirhams. Un chiffre officieux en attendant la vérification de l’ensemble des créances déclarées.

Tout en annulant la liquidation, la Cour d’appel a choisi de maintenir les mêmes organes chargés préalablement du dossier. Il s’agit de Saïd Zaroual,  juge-commissaire, et de Fahd Lamjabbar, syndic chargé du redressement. Ce dernier aura pour mission, entre autres, de surveiller l’exécution des engagements de Oulad Zerrad tels que définis dans le plan de continuation.

Pour l’heure, nous n’avons consulté ni le plan de continuation, ni l’arrêt d’appel dont nous ne connaissons que le verdict. Les raisons de ce revirement seront étayées dans la copie exhaustive de la décision.

Une chose est sûre : il s’agit d’un fait rare dans l’histoire de la pratique des droits des difficultés d’entreprises au Maroc. Dans la majeure partie des cas, le traitement de ces dossiers donne lieu à des situations inverses. Les dernières statistiques officielles avancent que sur dix entreprises placées en redressement, neuf basculent en liquidation judiciaire.

Mais Oulad Zerrad n’est pas à l’abri de ce basculement. Pour ce poids lourd du secteur des BTP, le plus dur reste à faire. L’entreprise doit honorer ses engagements tracés dans le plan de continuation, notamment vis-à-vis des créanciers qui doivent être payés dans les délais. Un faux pas en ce sens peut signifier le retour en liquidation judiciaire.