Vieillir en bonne santé ne constitue pas encore une priorité dans les plans et les programmes nationaux de santé et de développement. Les personnes âgées ne bénéficient qu’occasionnellement d’actions ciblées et adaptées. Pourtant, elles constituent un potentiel non négligeable de savoirs et d’expériences à valoriser, et une sous population spécifique tant sur le plan démographique, socio-économique ou épidémiologique.
L’ambition de cette nouvelle stratégie est de promouvoir, à l’horizon 2030, une santé optimale et un bien-être pour les personnes âgées, quels que soient leur lieu de résidence et leur niveau socio-économique, en améliorant la disponibilité et la qualité des services et des soins de santé.
Son objectif est ainsi de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des personnes âgées et à la préservation de leur bien-être, dans le cadre d’une approche intégrée et participative.
Cinq principaux axes d’intervention
Cette stratégie, qui cible les sujets âgés de 60 ans et plus, s’articule autour de 5 axes stratégiques d’intervention :
– le développement de la promotion et de la prévention pour un vieillissement en bonne santé ;
– l’amélioration de l’accès à des prestations de soins centrées sur les besoins des personnes âgées ;
– le renforcement de la formation et des compétences des professionnels impliqués dans la prise en charge des personnes âgées ;
– la mobilisation de « tous » pour des environnements adaptés aux besoins des personnes âgées et la lutte contre l’âgisme ;
– l’amélioration de la gouvernance, du suivi-évaluation et le renforcement de la recherche scientifique dans le domaine.
Un budget de 892 MDH, en majorité financé par l’État
La consommation des soins par les sujets âgés est nettement plus importante que celle du reste de la population. Cette disparité découle de la croissance constante de la morbidité, des incapacités et de leurs complications au sein de la population âgée, en perpétuelle expansion.
Il en résulte une augmentation exponentielle des coûts de santé, principalement attribuables aux soins de longue durée, aux hospitalisations fréquentes et récurrentes, ainsi qu’aux soins de fin de vie. Par ailleurs, ces dépenses constituent une part substantielle du budget global des systèmes de santé nationaux.
Elles représentent également le premier poste de dépenses individuelles des sujets âgés et imposent une charge financière considérable pour les ménages en raison des frais médicaux, d’hospitalisation, des soins à domicile et des adaptations nécessaires dans l’environnement familial, pour répondre aux besoins spécifiques de leurs parents âgés.
Le budget total prévisionnel qui sera alloué à la mise en œuvre de cette stratégie est estimé à 892,830 MDH, sur une période de sept ans.
Le deuxième axe stratégique d’intervention représente la majeure partie des prévisions, totalisant 736,2 MDH, dans le but d’améliorer l’accès de la population âgée à des prestations de soins adaptées à leurs besoins, soit près de 82,5% du montant total cumulé.
L’axe d’orientation stratégique relatif au renforcement des compétences des professionnels impliqués dans la prise en charge des sujets âgés occupe la deuxième place des prévisions, avec un coût apprécié à 112,9 MDH.
Une attention particulière est également accordée au renforcement des volets promotionnel et préventif, avec un budget prévu de 15,53 MDH.
La principale source de financement est imputée au Budget de l’Etat. Estimée à 805,3 MDH, cette somme se justifie essentiellement par les investissements nécessaires pour le renforcement de l’offre de soins, en termes de structures et d’équipements adaptés aux spécificités de la population âgée.
Par ailleurs, certaines mesures peuvent être cofinancées à partir du Budget de l’Etat et des contributions des divers partenaires de coopération, totalisant ainsi un montant de 86,5 MDH.