Six des dix premiers clubs au classement de la saison 2023-2024 de la Botola sont ou ont été dirigés par des hommes politiques. La majorité sont des RNIstes. Mais cette tendance ne s’arrête pas à ces dix clubs. Il ne s’agit que d’un échantillon pour donner un ordre d’idée.
En effet, plusieurs clubs, notamment en division amateur, ou même en deuxième division, sont ou ont été dirigés par un homme politique, voire un ministre.
RNI et PAM en tête
Longtemps dirigé par un PAMiste, le Wydad Athletic Club est désormais sous la présidence d’un RNIste. Ancien président du Sporting Club Chabab Mohammédia, Hicham Aït Manna (député et maire de Mohammédia) a été nommé président par intérim du Wydad.
Lors des élections de 2021, il était déjà président du SCCM. Tout comme son prédécesseur, Saïd Naciri. Celui-ci était un élu PAMiste depuis 2011. Il a été élu député dans la circonscription de Zagora. À l’époque, il n’était pas encore président du WAC. Il ne le devient qu’en 2014. Dès l’année suivante, il obtient un siège au conseil de la ville de Casablanca. Sa côte de popularité dans la capitale économique lui a fait quitter sa ville natale, Zagora.
Idem pour Mohamed El Hidaoui, ancien président de l’Olympique Club de Safi. Il n’est élu à la présidence du club safiote qu’après avoir obtenu son siège parlementaire. C’est aussi le cas du ministre Mehdi Bensaïd qui a commencé à présider l’Union sportive Yacoub El Mansour (USYM) en 2017, bien après ses débuts en politiques avec le PAM. Il convient de noter que l’USYM est un club qui évoluait en division amateur, mais qui a récemment rejoint la deuxième division marocaine.
A contrario, le PAMiste et ancien président de l’IR Tanger, Adil Dfouf, a été élu aux élections de 2021, des années après avoir quitté la présidence du club tangérois.
Également membre du parti du tracteur, Noureddine El Baidi a été élu en 2021 alors qu’il occupait déjà le poste de président du Youssoufia de Berrechid depuis plusieurs années, duquel il a été suspendu par la suite.
Le RNI le plus dynamique
Mais le parti le plus présent dans les clubs sportifs est sans conteste le RNI. Outre Hicham Aït Manna et Mohamed El Hidaoui, l’on peut citer d’autres noms. Il s’agit de Mohamed Houar, ancien président du MC Oujda ; mais aussi Ismail Zitouni, actuel président de l’Olympique Dcheïra ; ainsi que Hassan Filali, ancien président de l’IZ Khémisset ; sans oublier Mohamed Boudrika qui est un cas particulier.
Lors de sa première élection, Mohamed Boudrika n’exerçait pas en politique. C’est celle-ci qui vient vers lui après l’explosion de sa notoriété en tant que président du Raja Club Athletic. Surtout que, dès la première année à la tête du club, les Verts s’étaient qualifiés à la finale de la Coupe du monde des clubs en 2013.
Son départ précipité, laissant un club endetté, a attisé le ressentiment, voire la haine de certains à son égard. D’autres ont continué de le voir comme le jeune Rajaoui qui devient président de son club de cœur et qui le hisse jusqu’en finale de la Coupe du monde des clubs. Toujours apprécié par une catégorie de supporters, il réussit à devenir président de la commune Mers Sultan-Al Fida, poste duquel il sera révoqué plus tard en raison de son absence depuis février 2024.
Au sein du Parti de l’Istiqlal, l’on compte deux dirigeants de clubs. Il s’agit de Abdelhakim Benabdellah, président actuel de la RS Berkane ; et de Daniel Ziouzou, membre de la commission qui dirige le Moghreb Atlético Tetuán.
De son côté, Abdeslam Belkchour, actuel président de la Ligue nationale du football professionnel et ancien président de la Renaissance Club Athletic Zemamra, est le seul à faire partie du club de la rose.
L’impact grandissant du football au Maroc, l’épopée des Lions de l’Atlas au Qatar, l’audience de ce sport qui draine toutes les couches sociales, ont rendu ce rapprochement entre la politique et le foot inévitable. Les enjeux du sport en général – et du ballon rond en particulier – sont nombreux, de la compétition à la société et jusqu’à la politique. Le foot sera désormais partout au Maroc comme en témoignent les énormes investissements programmés pour le Mondial 2030. Le bal des politiques ne fait que commencer.
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