Selon le média économique israélien Calcalist, IAI (Israel Aerospace Industries) a vaguement signalé à TASE (Tel Aviv Stock Exchange) « l’entrée en vigueur d’un engagement avec une entité dont elle n’a pas divulgué les coordonnées, dans le cadre duquel elle la paiera à l’issue de l’engagement en fonction de son respect des jalons fixés, sur une période d’environ cinq ans ». Dans son annonce à TASE, IAI « n’a pas non plus précisé la nature de l’engagement ».
Le même média cite des sources de la défense israélienne qui lui « ont confirmé que l’annonce de IAI à TASE concerne l’énorme accord pour fournir le satellite espion Ofek ». Pendant ce temps, « le président de IAI, Amir Peretz, s’est rendu au Maroc via un pays européen pour signer l’accord, qui avait jusqu’à présent été gardé secret », poursuit la même source.
Le satellite de IAI sera livré dans cinq ans, remplaçant les deux satellites actuellement utilisés par le Maroc, Mohammed VI-A et Mohammed VI-B, affirme-t-on. Cette nouvelle acquisition « vise à améliorer les capacités militaires du Maroc dans les domaines de la défense aérienne, terrestre et navale », ajoute-t-on.
En réponse aux questions de Calcalist sur le voyage de Peretz au Maroc pour signer l’accord sur le satellite, IAI a déclaré que « la société ne commente pas les rapports sur ses transactions et ne fournit pas d’informations sur les voyages effectués par le président ».
Si confirmé, il s’agira du deuxième accord militaire majeur entre le Maroc et Israël après celui du système de défense aérienne et antimissiles Barak MX.
Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, contacté par Médias24, « les satellites actuellement utilisés arriveront bientôt en fin de vie (estimée entre 10 et 15 ans). Le Maroc a fait le choix de maintenir ce vecteur, multiplicateur de force, pour des raisons civiles, militaires et diplomatiques dans certains cas ».
Les satellites Ofek, réputés pour leur technologie avancée, surpassent largement la technologie européenne actuellement détenue par le Maroc. « Ces satellites offriront au Royaume un outil de renseignement inégalé dans la région, au service des intérêts du Maroc mais aussi de ses alliés dans la lutte contre le terrorisme », souligne l’expert militaire.
Selon Abdelhamid Harifi, « cette acquisition, qui concerne probablement plus d’un satellite, témoigne de la stratégie du Maroc qui vise à renforcer ses capacités de renseignement et de défense ».
« C’est ce genre de contrats qui justifie le maintien d’une relation avec Israël, des relations équilibrées, en dénonçant les dépassements de l’État hébreu quand il le faut, mais en continuant à profiter des fruits des accords de paix pour renforcer la sécurité nationale », explique-t-il, rappelant enfin que ces relations ont permis l’introduction d’aides humanitaires aux populations sinistrées du nord de Gaza, « l’unique aide qui a pu atteindre ces zones depuis des mois. »