Marsa Maroc multiplie les annonces stratégiques depuis quelques mois, laissant transparaître une politique d’expansion et de croissance notable à venir.
Le groupe a annoncé, le 8 juillet, qu’il comptait acquérir la totalité des parts de la société de manutention d’Agadir dont il détenait déjà 51%. En juin, il avait annoncé qu’il opérerait le terminal à conteneurs Est de Nador West Med. Une concession qui a été établie pour une durée de 25 ans, et pour laquelle le groupe débloquera une enveloppe d’investissement de 200 millions d’euros.
Encore plus récemment, dans un communiqué publié le 17 juillet, l’opérateur portuaire a annoncé son internationalisation via sa sélection pour le contrat de gestion délégué des terminaux 1 et 5 du port de Cotonou au Bénin. Dans le cadre d’un partenariat, Bénin Manutentions sera accompagnée par Marsa Maroc pour le démarrage et la prise en charge des opérations des deux terminaux. Marsa Maroc veillera à la mise en exploitation des terminaux dans les délais, et selon les standards internationaux, à la mise en œuvre de plusieurs chantiers de modernisation, et ce, en conformité avec la vision du gouvernement béninois.
Contacté pour mieux cerner ses récentes opérations, le groupe nous livre quelques détails.
Une meilleure qualité de service dans le port d’Agadir
Le rachat du reste du capital de sa filiale dans le port d’Agadir a été acté dans une stratégie qui vise à positionner le groupe comme un partenaire portuaire, maritime et logistique intégré.
« Le port d’Agadir constitue une importante plateforme d’exportation des produits halieutiques et agricoles de la région. Par l’acquisition de 100% du capital de la société SMA, Marsa Maroc ambitionne de renforcer son activité au port d’Agadir et d’offrir une meilleure qualité de service à ses clients« , explique le groupe.
Cette acquisition de la totalité de la filiale de manutention d’Agadir a été effectuée pour créer « des synergies avec un terminal polyvalent qu’elle opère dans le cadre d’un autre contrat de concession au port d’Agadir ». Cela vient du fait que les deux terminaux traitent des trafics similaires. « Il s’agit essentiellement des vracs solides et du conteneur. Cela permettra de mettre en place d’importantes synergies opérationnelles« .
En outre, le groupe pourra bénéficier d’une amélioration des volumes traités grâce à sa concession dans le port de Nador West Med.
Marsa Maroc veut devenir un acteur important en Méditerranée occidentale
Le trafic conteneurs des principaux ports de la Méditerranée occidentale a atteint l’année dernière 24,3 millions d’EVP, dont 73% (soit 17,8 MEVP) est du trafic de transbordement. Le groupe souligne également la forte croissance dans la zone. « Au cours de la période 2013-2023, le trafic cumulé des principaux ports de la Méditerranée occidentale a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 5,8% en volume de transbordement ».
Les ports de la région, qui arrivent à un certain niveau de saturation avec des taux d’utilisation avoisinant les 80%, cherchent à développer de nouvelles capacités. « De ce fait, Nador West Med (NWM) sera mis en service début 2027, et disposera de tous les atouts pour devenir un hub important du trafic de transbordement en Méditerranée occidentale grâce à sa position stratégique, ses grandes capacités de traitement, et ses infrastructures de 1er plan lui permettant d’accueillir les plus grands navires opérant sur les lignes Est-Ouest (navire de 24.000 EVP) », nous explique Marsa Maroc.
Une capacité de 3,5 millions de conteneurs à Nador West Med
Cette concession permettra au groupe d’être plus connecté aux opérateurs nationaux et favorisera le développement de la région grâce à une génération d’import et d’export pour le port, comme cela a été le cas pour Tanger Med. Le groupe Marsa Maroc en bénéficiera également. « Le terminal à conteneurs Est de NWM permettra d’offrir, à pleine capacité, près de 3,5 millions d’EVP. Le terminal renforcera l’offre de transbordement de Marsa Maroc en Méditerranée en portant sa capacité de traitement des conteneurs en transbordement à près de 5 millions d’EVP et 7 millions d’EVP au total. Le trafic traité au terminal de NWM devrait atteindre son régime de croisière après cinq ans. Les investissements seront injectés progressivement avec le développement du trafic, jusqu’à atteindre les 3,5 millions d’EVP », nous apprend le groupe.
Ce dernier va allouer une enveloppe de 200 millions d’euros pour la première phase du terminal Est. Depuis quelques années, le groupe s’est progressivement désendetté pour atteindre à fin mars 2024 un endettement de -139 MDH. Marsa Maroc nous indique « disposer d’une assise financière solide lui permettant de financer son plan de développement sur les prochaines années, d’une importante capacité de levée de fonds ainsi que de l’appui de ses actionnaires ».
Pour financer son développement, le groupe « envisage de lever un financement de projet, à l’instar de ses autres projets de développement à Tanger Med ou Agadir, et d’injecter une part de fonds propres qui se situe autour de 20% à 30% des besoins du projet ».