Les prix de l’huile d’olive, déjà élevés cette année, risquent d’augmenter davantage, selon nos informations. « L’opération de récolte n’a pas encore démarré que le peu d’olives récoltées dans certaines régions sont vendues à des prix que nous n’avions jamais vus« , expliquent nos sources.

La période de récolte, qui démarre normalement vers le mois d’octobre pour durer environ six semaines, peut varier d’une région à l’autre. Dans certaines, les olives ne sont pas encore prêtes.

Le prix du litre risque de dépasser les 100 DH

Selon nos sources, les prix risquent de dépasser les 100 DH par litre, contre une moyenne d’environ 95 DH/l actuellement dans les grandes surfaces, et entre 80 et 90 DH/l dans les circuits normaux.

« À ce stade, nous ne pouvons pas encore nous prononcer sur le prix exact qu’atteindra l’huile d’olive, mais vu les prix actuels pratiqués pour les olives, le prix de l’huile sera certainement très élevé », expliquent nos interlocuteurs.

Cette situation est due à trois principaux facteurs, dont le plus important est le manque d’eau. « En raison de la situation hydrique actuelle, l’eau d’irrigation a été suspendue dans plusieurs bassins de production. Les producteurs au niveau des zones irriguées, notamment à partir des barrages, souffrent du manque d’eau et n’irriguent pas ».

Les oliviers n’ont ainsi pas pu récupérer l’eau et les aliments nutritifs perdus durant les épisodes de chaleur de l’été, qui se sont poursuivis en hiver et en automne. « Nous sommes à la cinquième année de sécheresse, et les arbres sont fatigués ».

« Pour ce qui est des producteurs dans les zones bour, il n’y a quasiment pas eu de précipitations cette année, ce qui impacte drastiquement la production ». Il s’agit du deuxième facteur qui affecte le secteur.

La sécheresse augmente également les coûts de revient, tirant à la hausse les prix de vente. Avant, le cycle végétal des oliviers s’étalait de janvier à octobre, soit dix mois durant lesquels les producteurs pouvaient irriguer. L’irrigation se faisait en temps normal pendant quatre à cinq mois, et sur le reste du cycle, il y avait de la pluie, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Notons que l’olivier représente 65% de l’arboriculture nationale, avec 750.000 ha en bour et 450.000 ha en irrigué.

Les oliviers quasiment vides dans certaines régions

L’autre point évoqué par nos sources a trait au froid. « Il n’y a pas eu assez de froid durant l’hiver et l’automne de cette année, alors que les olives en ont besoin. Les arbres n’ont donc pas fleuri« .

« Les oliviers sont quasiment vides dans les zones de Marrakech, Béni Mellal et El Kelaâ des Sraghna. Dans les autres zones, la production sera minime ».

Le Maroc compte plusieurs régions de production d’olives : Fès-Meknès (38%), Marrakech, El Kelâa des Sraghna, Tensift et Al Haouz (22%), Béni Mellal, Khénifra et l’Oriental (entre 10% et 11%). Selon nos informations, la production sera très faible à Béni Mellal cette année.

Par ailleurs, contrairement aux années précédentes, même s’il y avait la sécheresse, les producteurs avaient encore des stocks, contrairement à cette année.

De plus, les prix à l’international sont également élevés, ce qui rend l’opération d’importation compliquée. Dans certains pays d’Europe, notamment l’Espagne, le prix du litre peut dépasser les 10 euros.

Qu’en est-il de la production au niveau national ?

« À ce stade, nous ne pouvons pas encore nous prononcer. On en est encore loin », nous confient nos sources. « On approche certes de la fin de campagne, mais on s’attend à ce qu’il y ait beaucoup de casse durant l’été, en particulier si les chaleurs actuelles se poursuivent ».

« Les arbres vont sécher davantage, ce qui affectera encore plus le secteur », concluent-elles, confirmant ainsi les prévisions des professionnels en début d’année quant à la baisse de production.