La représentativité d’un Etat au sein des organisations internationales (O.I.) ou régionales (O.R.) en dit long sur son image à l’international. Elle lui permet de consolider sa présence dans la communauté internationale et de rester engagé dans le système multilatéral.
En 2023, le Maroc avait enregistré un taux de réussite de 100% de ses candidatures aux postes vacants au sein d’organisations internationales et régionales. 30 postes ont été décrochés cette année par le Royaume.
Au niveau politique, le Maroc a pu accéder par exemple à des postes phares au sein de l’ONU et d’autres organisations internationales, dont celui de la vice-présidence de la 78e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Dans le domaine des droits de l’Homme, le Royaume a pu accéder pour la première fois au poste de membre du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), tout en assurant sa réélection au sein du Comité des droits des travailleurs migrants (CMW) et du Comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme.
2023 ne fait pas exception, puisque les candidatures marocaines continuent d’aboutir. L’infographie ci-dessous retrace les postes occupés par le Maroc au sein des O.I. et des O.R. au cours de l’année 2024. À l’Union africaine comme aux Nations unies, les mandats sont nombreux, et ce dans différents secteurs. Pour notre consultant Ahmed Faouzi, l’ONU, avec ses multiples instances, demeure à l’évidence l’organisation la plus prestigieuse.
Seuls les États qualifiés concourent aux postes au sein des organisations internationales et régionales
Les procédures suivies par un Etat pour placer des candidats au sein des O.I. et des O.R. sont complexes et répondent à un long processus de négociation, explique Ahmed Faouzi.
« Les États développent leurs relations à l’international, soit sur un plan bilatéral ou sur un plan multilatéral. Les candidatures aux postes internationaux se situent au niveau multilatéral, mais sont défendues au niveau bilatéral. Les candidatures une fois sélectionnées sont en effet soumises à un long processus de négociation au niveau bilatéral, pays par pays quand cela est nécessaire pour faire aboutir les candidatures », souligne l’ancien ambassadeur.
« Un pays ne peut être candidat que s’il est qualifié pour le poste convoité. Le pays qui candidate doit être en outre respecté par ses pairs. Il doit être à jour dans ses cotisations au sein de l’organisme ciblé. Il est d’autant plus apprécié si sa diplomatie prône la paix et le dialogue pacifique entre les cultures et les civilisations », précise notre consultant.
« Ainsi, au sein des organisations internationales comme régionales, chaque État encourage le placement de ses cadres qualifiés pour défendre les grandes orientations définies par ces organismes pour servir le développement et la paix. Les États ont soit la possibilité d’encourager le placement de leurs cadres pour des tâches administratives, comme fonctionnaires internationaux, soit de promouvoir leurs candidatures à des postes limités dans le temps, après un processus de votation ou par désignation à l’unanimité « .
Favoriser la défense des intérêts nationaux
La concurrence est rude dans le cas des candidatures limitées dans le temps car souvent se sont plusieurs pays qui concourent à la fois, nuance Ahmed Faouzi. « Pour assurer l’élection d’un candidat, il faut mener une campagne comme s’il s’agissait d’une élection domestique. Il ‘agit donc de promouvoir le candidat, souligner son sérieux et mettre en lumière ses expériences cumulées », note ce dernier.
Il ajoute : « Quand une diplomatie est mâture, le pays prend conscience que se faire élire dans des instances internationales n’est pas un luxe mais une nécessité pour faire mieux entendre sa voix. L’image du pays est ainsi améliorée et son rayonnement favorise la défense des intérêts nationaux ».
« Dans la même lignée, la présence active de notre diplomatie et, mieux encore, celle de nos meilleurs diplomates à des postes de responsabilité, participent à l’évidence au rayonnement du Maroc. Le Maroc cherche, comme n’importe quel autre État, à défendre les principes sur lesquels repose sa diplomatie, défendre son image et la qualité de ses cadres pour mieux servir les objectifs de la communauté internationale », souligne en outre notre interlocuteur.
Le placement de nos candidats nous donne la possibilité de promouvoir et de défendre des thèmes stratégiques prioritaires pour le Maroc, comme la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue, l’immigration ou encore le changement climatique, conclut Ahmed Faouzi.