Dans ce contexte, l’ancien ambassadeur de France en Algérie analyse, lors d’un entretien avec Le Point, la décision de Paris, son impact sur les orientations des autres pays européens, ainsi que les opportunités de collaboration franco-marocaine.

La décision française est loin d’être un geste isolé. Elle pourrait ouvrir la voie à un changement dans les dynamiques régionales et internationales. En affirmant son soutien à la position marocaine, la France semble vouloir renforcer ses liens économiques et stratégiques avec le Maroc, particulièrement dans le contexte des préparatifs pour la Coupe du monde 2030, où des opportunités de collaboration franco-marocaine sont envisagées, selon Xavier Driencourt.

Il souligne que l’agenda du Maroc pour la façade atlantique de l’Afrique « risque bien de changer les rapports de force sur le continent ». Paris pourrait jouer un rôle dans cette optique, en contribuant à cette nouvelle dynamique. Il ajoute que ce qui semble prédominant cependant, c’est la volonté du président de la République de se réconcilier avec Rabat, estimant qu’il n’existe pas de nombreuses alternatives pour renouer des relations solides avec le Royaume.

Effet d’entraînement en Europe

L’un des aspects les plus intéressants de cette décision est son potentiel effet d’entraînement au sein de l’Union européenne. « La position française pourrait inciter d’autres pays européens à suivre cette tendance. La France, en tant que puissance importante et ancienne puissance coloniale dans la région, a un poids considérable. Si Paris fait ce pas, d’autres nations européennes pourraient également revoir leur position. Cela pourrait conduire à une reconnaissance plus large de la souveraineté marocaine sur le Sahara et à un isolement accru de l’Algérie sur la scène internationale », souligne l’ancien ambassadeur.

Cette perspective est particulièrement préoccupante pour l’Algérie, qui redoute une nouvelle dynamique diplomatique où son influence pourrait diminuer, enchaîne Xavier Driencourt. Leur crainte est que d’autres pays européens, en suivant l’exemple français, viennent renforcer la position marocaine, modifiant ainsi les rapports de force dans la région.