Le projet d’extension de l’usine Stellantis à Kénitra, entouré de mystère depuis l’annonce du doublement de la capacité de production au Maroc fin 2022, commence à se préciser. Baptisé « Kénitra3 », ce projet verra la mise en place de deux nouvelles lignes de production dédiées à la marque Fiat, selon des sources proches du dossier.

Ces nouvelles lignes seront consacrées à la production d’un SUV en versions 4×2 et 4×4 sous la marque italienne. Bien que le modèle spécifique reste confidentiel, l’annonce par la direction du groupe que le site de Kénitra sera équipé de la nouvelle plateforme « Smart Car » laisse présager une motorisation hybride.

Lors d’une présentation aux investisseurs en juillet 2024, Stellantis a dévoilé que la plateforme « Smart Car » est une architecture conçue pour accueillir des véhicules électriques (BEV) et des voitures à essence. Cette plateforme, au design SUV, servira de base à sept nouveaux modèles du groupe, dont trois modèles Fiat. La Citroën ë-C3 a été le premier modèle à bénéficier de cette plateforme.

Compatible avec des véhicules électriques offrant une autonomie allant jusqu’à 400 km, ainsi qu’avec des motorisations hybrides, la plateforme « Smart Car » a été pensée pour être économiquement compétitive, notamment face aux constructeurs chinois, sur les marchés européen et MEA (Middle East and Africa). Cette flexibilité de production, adaptée à une échelle mondiale, justifie le choix de sa fabrication au Maroc, ainsi qu’en Amérique latine. Stellantis vise, à terme, une production avec 90% des pièces d’origine locale.

Sur le plan industriel, nos sources indiquent que l’usinage des moteurs se fera sur place. En plus de l’assemblage, une partie des composants des moteurs sera produite localement, augmentant ainsi de manière significative le taux d’intégration industrielle de l’usine de Kénitra.

Pour rappel, en novembre 2022, Stellantis avait annoncé un investissement de 300 millions d’euros pour doubler la capacité de production de son site de Kénitra. D’ici 2025, l’usine devrait atteindre une capacité de production de 450.000 véhicules par an, avec un taux d’intégration locale de 70%.