Une simple coïncidence ? Sur les réseaux sociaux, une nouvelle campagne est orchestrée contre le Maroc et les Marocains, et elle est d’une violence sans précédent. « Le visa pour les Marocains », « Expulser les Marocains est une revendication populaire » sont les deux hashtags qui envahissent les réseaux sociaux, accompagnés de multiples noms d’oiseaux contre le Maroc, les Marocains et leurs institutions. 

Cette campagne est relayée par les médias algériens pro-régime dont le fameux Ahmed Hafsi, ouvertement acquis aux causes de la junte militaire, surtout à la première d’entre elles : la haine du Maroc. 

Cette campagne intervient aussi après l’annonce par le régime algérien du « démantèlement » d’un prétendu « réseau d’espionnage » impliquant quatre Marocains, dont un qui serait entré clandestinement chez le voisin de l’Est.

« Le juge d’instruction près le tribunal de Tlemcen a ordonné, dimanche, le placement en détention provisoire de sept individus, dont quatre Marocains, suite au démantèlement dernièrement d’un réseau d’espionnage et de renseignement, en vue de porter atteinte à la sûreté de l’Etat », a annoncé le parquet de Tlemcen (ville frontalière du Maroc), cité par l’agence de presse officielle APS.

Un clandestin qui fait de l’espionnage dans un pays, c’est du jamais vu. Même dans les films.

La même source a annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire contre « les personnes identifiées par l’enquête, sous les accusations criminelles d’intelligence avec un pays étranger, ou l’un de ses agents ».

« Ce réseau a recruté des ressortissants marocains et algériens dans le but de porter atteinte à des institutions sécuritaires et administratives algériennes » pour le compte d’un pays étranger, ajoute le parquet de Tlemcen sans la moindre précision.

C’est dans ce contexte que les hashtags « Le visa pour les Marocains » et « Expulser les Marocains est une revendication populaire » ont inondé les réseaux sociaux. Les comptes pro-régime vont jusqu’à parler de 800.000 à un million de Marocains qui seraient installés en Algérie, dont on demande l’expulsion.

« C’est plus que fantaisiste », commente une source au fait des affaires des Marocains établis en Algérie.

« À tout casser, il y a près de 40.000 Marocains installés en Algérie, et qui sont pour la plupart des binationaux enregistrés dans les trois consulats du Royaume à Alger, Oran et Sidi Bel Abbès », explique notre source. « Le président Tebboune n’a-t-il pas affirmé que son pays était la troisième puissance économique de la planète ? C’est un pays qui a un sérieux problème avec les chiffres ! », ironise notre interlocuteur.

Quid alors des clandestins marocains en Algérie ? Il en existe bel et bien, mais pas en centaines de milliers. « Généralement, il s’agit d’artisans plâtriers, carreleurs et autres menuisiers embauchés, y compris par des pontes du pouvoir », détaille notre interlocuteur. Et même dans le cas de ces artisans, ils ne sont pas vraiment des clandestins. « La plupart quittent l’Algérie après un séjour de trois mois pour passer quelques jours au Maroc ou en Tunisie avant de rentrer reprendre leur travail », explique notre source.

Les autorités algériennes mènent de temps à autre une « chasse aux Marocains » pour séjour illégal et, dans ce cas de figure, c’est la case prison avant reconduction à la frontière. 

En plus de cette montée du sentiment anti-marocain, les comptes pro-régime ont même célébré le 30e anniversaire de la fermeture des frontières entre les deux pays, alors que des voix s’élèvent pour revendiquer l’électrification de la frontière métallique qui sépare certaines localités algériennes de leurs voisines marocaines.

Cette prétendue affaire d’espionnage impliquant des Marocains a-t-elle pour objectif de légitimer une autre action telle que de nouvelles expulsions de Marocains ? Ou pire ? Ou bien s’agit-il de renforcer la crainte d’un soi-disant ennemi extérieur à la veille des élections ?