Entre les professionnels marocains de l’hébergement et Booking, la question des commissions à verser est un sujet de tension.

Deux problématiques sont au cœur des échanges : les commissions jugées élevées par les acteurs marocains, et le fait qu’ils doivent s’en acquitter en devises, même pour les séjours effectués par des nationaux.

Si la première problématique relève, au final, de la relation commerciale entre les deux partenaires, la seconde, elle, prête à débat.

Car les professionnels expliquent que la plateforme de réservation réalise un chiffre d’affaires en devises sur des prestations réalisées au Maroc, sans s’acquitter du moindre impôt ou taxe locale, alors qu’une partie de sa clientèle est composée de nationaux opérant des réservations localement.

Booking.com, lui, se défend en arguant que les Marocains qui passent par son site occasionnent des frais de serveur et de marketing payés à Google en devises. De plus, la proportion de la clientèle locale reste infime par rapport au flux de réservations provenant de l’étranger.

Selon nos informations, une réunion portant sur la monnaie de paiement des commissions a eu lieu en juillet dernier sans qu’aucun accord n’ait été trouvé.

Médias24 a contacté la direction de la plateforme pour savoir ce qu’il en est et si une issue favorable à ce sujet est prévue. Une source autorisée nous confirme que Booking.com travaille pour que ses partenaires s’acquittent à l’avenir des commissions en monnaie nationale.

La réponse de Booking.com aux protestations des établissements d’hébergement

« Nous travaillons activement pour trouver des solutions pour nos partenaires et permettre de percevoir leurs paiements sur un compte bancaire local. D’ici là, nous continuons d’offrir de la visibilité à nos partenaires d’hébergement au Maroc auprès des voyageurs du monde entier », nous déclare-t-on.

En d’autres termes, au lieu de payer des commissions en devises à la plateforme, les structures d’hébergement (hôteliers, maisons d’hôtes, locations saisonnières…) régleront bientôt les frais d’intermédiation sur un compte bancaire local, et donc en dirhams.

Ces commissions ou frais d’intermédiation sont compris entre 14% et 20% du prix de la nuitée.

 « Une solution est testée actuellement avec un certain nombre d’opérateurs »

Confirmant les propos de la direction de Booking.com, un dirigeant d’une grande chaîne hôtelière, requérant l’anonymat, nous déclare qu’en effet une solution est actuellement en test avec un certain nombre d’opérateurs.

Selon notre source, « Booking encaisserait directement ses commissions en dirhams au Maroc sur un compte bancaire local. Les montants seront ensuite transférés à l’étranger avec l’autorisation de l’Office des changes ».

De nouvelles réunions auront lieu dans les prochaines semaines pour faire le point sur la situation et généraliser éventuellement la solution.

Une nouvelle rassurante pour les petites structures d’hébergement

Selon notre source professionnelle, cela arrangera surtout les petites structures. Car la grande majorité des petits établissements d’hébergement se plaignent de la lourdeur des procédures, ainsi que des frais générés par ces transactions (frais de virement…).

Sans compter l’impact éventuel de la retenue à la source qui s’élève à 10%.

« La principale incidence que le système actuel peut avoir porte sur le day-to-day pour les petits opérateurs qui auront des opérations moins complexes à traiter parce qu’ils paieront en dirhams au lieu de devises », affirme notre source professionnelle qui estime qu’il y aura moins de complexité procédurière pour ces petits opérateurs.

Et de conclure que la part des montants relatifs aux commissions des séjours réalisés par des résidents au Maroc reste peu significative par rapport au volume global des transactions en devises générées par Booking vers le Maroc.