Les dernières pluies survenues les samedi 12 et dimanche 13 octobre dans plusieurs régions du Royaume insufflent un vent d’optimisme dans le secteur agricole du pays. De nombreuses filières dont les céréales d’automne et l’arboriculture vont en bénéficier. Ces précipitations sont essentielles pour revitaliser le sol et favoriser la croissance des plantes, ce qui renforce les espoirs des agriculteurs en vue de la prochaine campagne.
Si la répartition géographique exacte de ces pluies dans une même province n’est pas précisée, la Direction générale de la météorologie (DGM) fait tout de même état de précipitations cumulées ayant avoisiné les 26 mm dans certaines zones agricoles du pays.
C’est le cas notamment de la province d’El Jadida. À Fès, le cumul des pluies a atteint 18 mm, tandis que 14 mm ont été relevés dans la province de Marrakech.
Selon nos interlocuteurs, « ces pluies se sont manifestées tôt par rapport à la précédente campagne », notamment dans la région de Fès-Meknès. Contacté par Médias24, Mostapha Mrhari, chef de division des filières de production agricole à la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Fès-Meknès, souligne que ces précipitations sont extrêmement bénéfiques pour les cultures.
Une bonne nouvelle pour la campagne céréalière, sachant que la région de Fès-Meknès représente environ 37% de la production nationale, soit l’équivalent de 12,4 millions de quintaux lors de la campagne précédente, à partir d’une superficie emblavée de 578.720 hectares. Les récentes pluies auront donc un impact positif, car elles permettront aux agriculteurs de « labourer leurs champs et de préparer un lit de semences », explique Mostapha Mrhari.
Ce dernier souligne également les effets bénéfiques des précipitations sur les arbres fruitiers, notamment l’olivier. La superficie totale des oliveraies dans la région de Fès-Meknès est de 389.000 hectares, dont seulement 50.214 hectares en irrigué. Il est donc évident que les pluies sont essentielles. D’autant que, jusqu’à présent, les conditions climatiques n’étaient pas optimales.
Dès lors, les dernières précipitations « permettront d’augmenter le taux d’huile dans les olives et de compenser la perte de rendement », affirme notre interlocuteur. En outre, les arbres fruitiers entrant en dormance, comme les amandiers, qui s’étendent sur environ 60.000 hectares dans la région, seront également positivement impactés. Bien que certains arbres ralentissent leur activité à cette période de l’année, l’eau demeure cruciale pour leur santé à long terme.
Elle permet de stocker l’humidité dans les racines, les aidant ainsi à rester hydratés. De plus, un sol humide protège les racines du gel, réduisant les risques de dommages. Enfin, les précipitations automnales préparent le sol pour le printemps, lorsque les arbres auront besoin d’eau pour soutenir leur nouvelle croissance.
Plus au sud, dans la province de Marrakech, les précipitations seront tout aussi bénéfiques pour l’arboriculture et en vue de l’établissement des cultures céréalières. En revanche, on ne peut pas en dire autant pour les zones agricoles de la province de Béni Mellal, car les précipitations enregistrées demeurent insuffisantes pour avoir une incidence réelle sur les cultures.
« Jusqu’à présent, il n’y a eu que 5 à 6 mm de cumul pluviométrique », déplore la DRA de Béni Mellal-Khénifra. Toutefois, des averses orageuses de 30 à 60 mm sont annoncées par la DGM dans plusieurs provinces, dont Azilal et Béni Mellal.
Si ces prévisions se concrétisent, la préparation du sol pour le semis des céréales (500.000 ha) sera facilitée. « Les cultures sucrières (13.500 ha), dont la betterave, en bénéficieront également, au même titre que l’arboriculture », espère la DRA de Béni Mellal-Khénifra. Une région où les arbres fruitiers tiennent une place importante, notamment les agrumes (18.900 ha) et les oliviers (102.000 ha).