La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration était présente lors de la cérémonie d’ouverture de la 2e édition de l’International eHealth Forum, le mercredi 30 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé.
“Ce rendez-vous symbolise notre engagement collectif à repenser le secteur de la santé à l’heure du numérique et à exploiter tout le potentiel qu’il peut offrir à notre société, y compris dans le domaine de la santé”, a déclaré Amal El Fallah Seghrouchni à l’assemblée.
Le Maroc, futur hub digital en Afrique
Concernant la stratégie digitale nationale à l’horizon 2030, la responsable indique que “nous voulons bâtir un Maroc où chaque citoyen peut bénéficier de services modernes et inclusifs où les entreprises peuvent trouver des outils pour se développer et où la santé devient un domaine d’excellence du numérique”. L’objectif étant de positionner le Maroc comme un hub digital en Afrique, avec une économie numérique solide, créatrice de nombreux emplois.
Pour y arriver, deux axes se distinguent. Le premier consiste à finaliser l’économie numérique pour générer de nouvelles opportunités de croissance et digitaliser les services publics pour en faire des leviers d’accessibilité et d’efficacité.
Ensuite, l’intelligence artificielle est un outil puissant pour “renforcer les pratiques médicales, les diagnostics médicaux afin de gagner en rapidité et en précision, permettant ainsi une détection plus précoce et plus fiable des maladies”, précise la ministre, qui cite en exemple les modèles d’apprentissage automatiques qui peuvent analyser des images verticales pour repérer des anomalies indétectables à l’œil humain.
“La chirurgie, l’assistance robotisée et les algorithmes d’intelligence artificielle vont renforcer la précision des interventions et réduire les marges d’erreur. Par ailleurs, les outils de l’intelligence artificielle facilitent aussi l’accès des médecins et des patients aux connaissances en constante évolution, synthétisant en temps réel les dernières avancées et appuyant, par exemple, les médecins cliniques”, a précisé Amal El Fallah Seghrouchni.
Même sur le plan administratif, l’IA peut simplifier la charge de travail, en prenant en compte les tâches répétitives et en libérant ainsi les professionnels de santé, leur permettant de consacrer plus de temps aux patients.
“Nous explorons des applications concrètes, telles que les chatbots intelligents, pour améliorer l’interaction entre citoyens et services de santé. Le dossier médical partagé existe pour instruire des soins plus efficaces et des plateformes d’interopérabilité connectant médecins, établissements et patients, permettant l’accès aux informations”, a expliqué la ministre.
Amal El Fallah Seghrouchni a toutefois alerté sur la protection des données personnelles et de la vie privée des citoyens, qui devrait “être notre priorité”.
“Grâce à votre engagement et à notre collaboration, nous pouvons construire ensemble un futur où la technologie et l’éthique convergent pour offrir des soins plus accessibles et de meilleure qualité à chaque citoyen et à chaque citoyenne”, a conclu la ministre.