Co-organisé par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) et API Events, le Morocco Showcase Summit s’est tenu les 19 et 20 novembre à Casablanca. Il a réuni 300 investisseurs étrangers et experts qui ont débattu des opportunités d’investissement dans ce secteur qui connaît une croissance exceptionnelle en termes d’arrivées. L’occasion d’interroger le directeur général de la SMIT sur les objectifs de cet événement censé développer le financement des infrastructures touristiques avant la tenue de la Coupe d’Afrique 2025 et le Mondial de 2030.

Une attractivité des investissements renforcée par le rush des arrivées

« Sachant que la livraison de nouvelles infrastructures touristiques requiert une moyenne de 4 ans de travaux, nous avons commencé à travailler en amont pour être prêts en 2030 », résume Imad Barrakad en précisant que l’accélération de l’investissement dans l’hôtellerie et l’animation est essentielle pour atteindre les objectifs de la feuille de route qui prévoit d’accueillir 26 millions de touristes d’ici six ans.

Et d’ajouter que la SMIT a convié durant deux jours 40% d’investisseurs étrangers et 60% de nationaux qui devraient renforcer le développement de l’écosystème du tourisme, en abordant toutes les questions relatives aux opportunités d’investissement au Maroc.

Une ambition dont la concrétisation sera rendue possible par « le momentum exceptionnel » du Maroc qui ne cesse de se confirmer avec un nouveau record d’arrivées au cours des dix premiers mois de 2024, proche de l’objectif de 17,5 millions de touristes en 2026, mais encore loin des 26 millions prévus à l’horizon 2030.

À la question de savoir comment le Maroc pourrait arriver à générer 8,5 millions de touristes supplémentaires entre 2026 et 2030, le dirigeant de la SMIT se veut très optimiste en citant le taux actuel de croissance des arrivées (20%) et la perspective de l’organisation de la Coupe du monde de football qui constituera une opportunité unique pour le secteur du tourisme.

8 MMDH investis en 2024 contre 10 MMDH entre 2026 et 2030

Grâce à la dynamique actuelle, notre interlocuteur révèle que l’année en cours devrait générer 8 milliards de dirhams d’investissement dans l’hôtellerie et l’animation contre une moyenne de 7 MMDH durant les années précédentes.

« Notre objectif est de promouvoir toutes les destinations, à l’image de Ouarzazate et Agadir qui avaient été marquées par une stagnation des arrivées et où l’on enregistre aujourd’hui des réalisations qui dépassent 30% de croissance par rapport à 2019 », précise le directeur général en ajoutant que l’élargissement actuel du marché marocain, classé premier en Afrique, devrait générer une moyenne annuelle de 10 MMDH d’investissements touristiques entre 2026 et 2030.

100 à 150.000 lits supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030

Rappelant que le niveau d’investissement est étroitement lié au taux d’occupation hôtelier, passé de 48% à 52% et visant le taux idéal de 70%, Imad Barrakad estime que la hausse de la capacité litière sera aussi essentielle pour atteindre l’objectif de 26 millions d’arrivées d’ici 2030.

Pour cela, il est prévu d’augmenter la capacité litière du Maroc en créant à cet horizon 100 à 150.000 nouveaux lits, pour passer de 295.000 lits actuellement à un total compris entre 395.000 et 445.000 lits, soit une moyenne annuelle de 10.000 à 15.000 lits supplémentaires contre 7.000 actuellement.

Cette dynamique, rendue possible grâce à la multiplication actuelle des ouvertures et des extensions de structures hôtelières, est générée par 80% d’investisseurs nationaux et 20% d’étrangers.

Confiant sur l’évolution du secteur qui sera boosté par les nombreuses infrastructures de transport (extension du trafic aéroportuaire et du réseau autoroutier et ferroviaire avec le TGV jusqu’à Marrakech), le directeur général de la SMIT estime que le développement touristique post-2030 passera par une nouvelle feuille de route pour inscrire, à terme, le Maroc parmi les 15 premières destinations mondiales du tourisme.