L’ambition de la région de Dakhla est de devenir un hub économique continental, comme l’explique le président de la région au micro de Médias24 dans le cadre du Médias24 tour.

Yanja El Khattat (Istiqlal), interviewé en marge des « journées de la promotion et de l’investissement de Dakhla », nous détaille toute l’effervescence que connaît la ville. Entretien.

– Médias24. La dynamique de développement de la région de Dakhla-Oued Eddahab est évidente. Que pouvez-vous nous dire de cette mutation que vit la ville ?

Yanja El Khattat. La région de Dakhla-Oued Eddahab regorge de beaucoup de ressources naturelles, mais cela ne suffit pas. Il y a une volonté royale ferme de faire de la région de Dakhla un vrai pôle économique. Cela s’est traduit sur le terrain par une vision royale claire et clairvoyante qui a donné naissance à un nouveau modèle de développement des régions du sud.

Cette vision royale tourne autour de la création d’un pôle économique au niveau de la région qui va servir non seulement comme levier économique national, mais qui va aussi servir pour une coopération sud-sud, entre les pays du Sahel, l’Afrique subsaharienne et le Maroc

– C’est l’Initiative Atlantique …

– Je vais citer ici quelques projets clés. D’abord le méga-projet du port Atlantique qui va révolutionner toute la région et qui va ouvrir beaucoup d’opportunités d’investissement. Ce port est tourné vers l’Afrique subsaharienne et les Amériques. Ce sera une plateforme commerciale et logistique importante.

Comme vous le savez, le marché africain est l’un des marchés les plus importants dans l’avenir. En 2050, nous aurons un tiers des consommateurs mondiaux au niveau de l’Afrique. Le Maroc se prépare déjà, se positionne à travers ses potentialités et Dakhla est le fer de lance de cette stratégie économique.

Je pense que des méga-projets comme le branchement de Dakhla au réseau national électrique, qui est un projet réalisé à 100%, le port de pêche de Lamhiriz , qui a été réalisé à 100%, la route nationale, qui est très importante aussi, qui a été réalisée à 100%,…

Donc tout cela nous permet de traduire sur le terrain la vision royale, permettant d’ouvrir la façade atlantique aux pays du Sahel, ouvrir aussi la côte marocaine pour qu’elle serve pour lier le gazoduc qui part du Nigeria et qui va relier 13 pays africains au réseau européen.

Cela, à mon avis, va positionner la région de Dakhla comme un véritable hub économique sur tous les plans, notamment avec tous les secteurs leviers de l’économie régionale, comme l’agriculture avec les 5.000 hectares irrigués…

Des négociations pour connecter Dakhla à Londres sont en cours

– Le projet des 5.000 hectares irrigués est en cours… où est-ce qu’il en est ?

– C’est en cours en effet. La station de dessalement sera finalisée avant juin de l’année prochaine. Cette station va être alimentée par des éoliennes. C’est vraiment un joyau. Elle est d’abord conforme aux normes requises en matière d’environnement. Ce projet va aussi renforcer et positionner la région de Dakhla comme une région agricole de grande valeur car tous les produits agricoles que nous exportons sont des produits de haute valeur marchande qui sont vendus sur les marchés les plus prestigieux, américains, européens et autres. C’est le cas notamment de la tomate cerise, le melon, les myrtilles et autres fruits rouges.

– En matière de tourisme, en arrivant à Dakhla on est frappé par les chantiers des hôtels qui sont en cours…

– Exactement. Et pour développer le tourisme, il a fallu développer la connectivité aérienne. On a travaillé sur cela et on continue de travailler. Il y a quelques jours, nous avions reçu l’une des plus grandes compagnies mondiales, Ryanair, qui va desservir des destinations importantes comme Madrid et Lanzarote. Et on verra avec d’autres destinations comme Londres et autres.

– En cours de négociation ?

– Bien sûr. Et là, je salue le ministère du Tourisme qui travaille en collaboration avec la région pour développer cette connectivité aérienne qui est indispensable au développement du secteur touristique. Mais il n’empêche, Dakhla est aujourd’hui la première destination au Maroc pour les sports nautiques, notamment le kitesurf. Et comme vous l’avez bien dit, vous pouvez l’observer, il y a plusieurs chantiers, des hôtels, des auberges et autres, pour renforcer ce tissu économique touristique et qui vont créer beaucoup d’opportunités et des postes d’emploi.

Nous comptons réaliser ce programme de développement régional avant la fin de notre mandat.

– Justement, les projets structurants sont importants. Il y a un programme de développement régional qui a été validé en juillet 2023, qui porte sur 4,5 milliards de dirhams. Où en est son déploiement ?

– Nous comptons réaliser ce programme de développement régional avant la fin de notre mandat (automne 2026, ndlr). Le programme en lui-même est complémentaire du précédent programme, mais aussi du nouveau modèle de développement des régions du Sud.

J’en citerai quelques projets qui vont être très importants, qui vont booster l’investissement dans la région. Les zones logistiques de Guerguarat et de Bir Gandouz, qui sont dotées de 30 hectares chacune, et qui sont en voie de finalisation. Nous avons également la zone logistique du port West Africa Free Zone, qui est aussi une zone importante pour l’investissement.

D’autres projets sont en cours, notamment des projets de réhabilitation de l’assainissement de la ville, des grandes artères, des projets pour l’eau… Ces chantiers sont importants parce que la ville est en croissance, elle se développe très vite, et avec un nombre d’habitants qui se multiplie. Et le programme de développement régional est venu répondre à ces besoins.

– La ville est en train de croître, et donc on s’attend justement à une multiplication démographique aussi. Qu’est-ce que vous faites justement pour accompagner cette croissance démographique ?

– On a d’abord voulu faire de Dakhla un hub de formation. La région a signé des conventions avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour avoir l’ENCG, l’EST et d’autres écoles supérieures. Et nous avons plusieurs écoles de formation professionnelle très importantes, et surtout dans les secteurs économiques clés de la région.

La formation doit être en symbiose avec les secteurs économiques existants et qui vont exister dans l’avenir. Pour répondre exactement au marché du travail. Le deuxième élément, c’est la santé. Comme vous le savez, dernièrement, la clinique Akdital a ouvert ses portes et va renforcer ce secteur vital.

Nous avons aussi une clinique qu’on a réalisée, nous, au niveau de la région, sur deux hectares avec une société espagnole qui va la gérer. Nous avons le CHU qui est en train d’ouvrir ses portes, avec une faculté de médecine et un CHU Mohammed VI.

Je pense qu’au niveau de la santé, la région Dakhla va être dotée de cliniques et de moyens très importants qui vont accompagner cette dynamique de développement.

– On parle d’investissement, de promotion, de développement économique de la région. Il y a quelques jours, il y a eu une importante délégation d’hommes d’affaires français qui a visité la région. On croit savoir qu’il y a aussi des délégations britanniques, d’autres délégations qui viennent. Est-ce qu’il y a des projets concrets qui s’annoncent ?

– D’abord, ces délégations qui nous visitent viennent voir et la première observation qu’ils font, c’est le niveau de développement qu’ont connu les régions du Sud, particulièrement la région de Dakhla.

Les membres de la délégation française, que j’ai eu l’honneur de recevoir, ont tous été ébahis du niveau de développement qu’ont connu les régions du Sud. M. l’ambassadeur a été accompagné de plusieurs investisseurs français qui sont là pour prospecter les terrains, pour développer des idées d’investissement dans les différents secteurs. Ils sont intéressés par le secteur énergétique, le secteur du tourisme, l’agriculture…

Dakhla accueille 18 consulats. Et d’autres consulats vont voir le jour prochainement.

Nous avons déjà des investisseurs français au niveau de la région, mais il faudra que cela se multiplie avec la nouvelle position française, que je salue, de reconnaître la souveraineté marocaine.

Je dirais qu’il y a une dynamique politique qui accompagne la dynamique économique. Vous savez que Dakhla accueille 18 consulats. Et d’autres consulats vont voir le jour prochainement.

Les choses bougent ici à Dakhla. C’est une région en pleine mutation. Nous pensons que l’avenir très proche sera prometteur pour cette région.