Lors de la session des questions orales du lundi 25 novembre, le député RNI Youssef Chiri, a posé une question en amazighe concernant l’encadrement et la formation continue des cadres pédagogiques de l’enseignement traditionnel. Le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, lui a également répondu dans la même langue.

Cette situation a visiblement irrité Nabila Mounib qui a demandé une traduction ou un résumé en arabe de ce qui avait été dit, avançant que le casque de traduction qu’elle portait ne fonctionnait pas correctement, ce qui l’avait empêchée de saisir la question et la réponse.

En réponse, la présidente de la séance Zaina Idhali lui a fermement expliqué qu’il n’était pas possible de répéter la question et la réponse en langue arabe, mais que la députée pouvait changer de place et utiliser un autre casque. Elle a ensuite exprimé ses remerciements au président de la Chambre des représentants Rachid Talbi El Alami pour avoir mis en place un service de traduction instantanée entre l’arabe et l’amazighe, le tout sous les applaudissements des membres de la chambre.

En juin 2024, Rachid Talbi El Alami, et la ministre déléguée, alors chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Ghita Mezzour, avaient signé une convention qui tendait à concrétiser l’adoption par la Chambre des représentants de la traduction simultanée en arabe et amazighe dans le cadre de l’application des dispositions de la loi organique n° 26.16, notamment son article 9 qui prévoit que la langue amazighe doit être utilisée, à côté de la langue arabe, dans le cadre des travaux des séances publiques du Parlement et de ses organes.

En vertu du texte de la convention, le ministère assure la traduction simultanée de ces travaux à partir et vers l’amazighe, avec une diffusion sur les chaînes de télévision et les radios publiques amazighes, ainsi qu’à travers la chaîne officielle de la Chambre des représentants sur YouTube.

Cette première étape sera suivie d’une autre permettant la traduction simultanée des travaux des commissions parlementaires, et la traduction écrite, dans un délai de cinq ans, en harmonie avec les dispositions légales.

L’amazighe dans la santé, la justice et la culture

En janvier 2023, le ministère de la Réforme de l’administration avait signé quatre conventions de partenariat avec trois départements ministériels, dans le cadre du programme d’intégration de la langue amazighe dans l’administration publique.

Les conventions signées avec les ministères de la Justice et de la Santé portent sur la signalisation, la communication et l’orientation. Celle signée avec le ministère de l’Education nationale visait, quant à elle, la création d’une application pour permettre aux Marocains du monde d’apprendre la langue amazighe.

Quant à la quatrième convention de partenariat, signée avec le ministère de la Culture, elle avait pour but de « soutenir les événements et activités culturels pour faire rayonner l’identité et la langue amazighes au Maroc et à l’étranger ».