Afin d’assurer une gestion plus efficace des eaux de la nappe phréatique de l’axe Meski-Boudnib, ressource essentielle pour la filière phœnicicole irriguée dans une zone désertique, le gouvernement a instauré un contrat de gestion participative de la nappe (CGPN), le vendredi 28 octobre 2022, à Errachidia.
À ce titre, l’Agence du bassin hydraulique (ABH) de Guir-Ziz-Rheris a lancé la première phase d’un projet pilote visant « l’installation de 18 compteurs intelligents équipés de systèmes de lecture et de traitement à distance, pour un coût total de 1,1 MDH », a indiqué le ministère de l’Équipement et de l’eau.
Lors de la seconde phase du projet, 135 compteurs supplémentaires seront déployés dans les exploitations agricoles de l’axe Meski-Boudnib, pour un investissement de 8 MDH. Ces dispositifs permettront « d’améliorer la qualité des études de modélisation et des bilans hydriques réalisés par l’ABH, contribuant ainsi à la gestion durable des ressources en eau souterraine de la région », précise le ministère de tutelle.

Le contrat de la nappe Meski-Boudnib couvre une surface de 4.670 km² et concerne les communes de Mdaghra et Oued Naâm. Son objectif principal est de ralentir l’épuisement de la nappe phréatique qui connaît un déclin constant. Entre décembre 2016 et février 2021, le niveau piézométrique de la nappe a baissé de trois mètres, soit environ un demi-mètre par an.
Estimée à 110 Mm³ en 2021, cette ressource stratégique fait l’objet d’un plan d’action financé à hauteur de 2,3 MMDH d’ici 2030, conformément à la loi 36-15 sur l’eau. Ce plan repose sur quatre axes clés :
– développement de l’offre en eau (2,1 MMDH) ;
– gestion de la demande en eau (43 MDH) ;
– renforcement des outils de contrôle des ressources (25 MDH) ;
– sensibilisation et formation (2,5 MDH).
L’installation des compteurs intelligents, alimentés par énergie solaire, vise donc à optimiser l’utilisation des ressources et à surveiller avec précision l’évolution du niveau piézométrique. Ces appareils s’appuient sur une combinaison de capteurs, de technologies de communication sans fil (GPRS/4G) et de systèmes de traitement de données :
– Les capteurs mesurent avec précision les quantités d’eau qui passent à travers les conduites.
– La lecture à distance permet d’envoyer des données grâce à la technologie sans fil (GPRS/4G) en vue de transmettre les informations sur la consommation d’eau directement vers une base de données centrale ou une plateforme en ligne.
– Le stockage et le traitement des données collectées par les capteurs repose sur un système central où elles sont stockées et traitées. Ce système peut analyser les données pour détecter des tendances, des anomalies ou des fuites, et fournir des rapports détaillés qui aident à optimiser la gestion de l’eau.