Lors de l’annonce en août dernier de la réouverture du vol direct entre Casablanca et Pékin, Hamid Addou, PDG de RAM, a déclaré que cette ligne sera dédiée essentiellement au développement du tourisme au Maroc avec 80% du trafic de cette route qui seront constitués de touristes chinois.
Très attendue par les opérateurs, le retour en janvier 2025 de cette route directe permettra en effet de renouer avec un cycle de croissance pour capter une part significative d’un marché émergent tombé de 140.000 arrivées en 2019 à moins de 60.000 visiteurs à la fin de 2023.
« 100.000 arrivées prévues pour 2024 contre 60.000 en 2023 »
« La réouverture de cette ligne va booster ce marché émetteur émergent qui est plus que stratégique pour l’avenir du tourisme marocain », déclare Zoubir Bouhoute en précisant que le Maroc ne capte encore qu’une part infime des 250 millions de Chinois qui voyagent à l’international.
Rappelons en effet que la forte dynamique de croissance des arrivées qui avait suivi la levée des visas en juin 2016, à savoir 10.000 visiteurs chinois en 2015, 42.844 en 2016, 107.434 en 2017, 132.081 en 2018 et 141.050 en 2019, avait fini par s’essouffler en retombant à 20.529 en 2020 et à 4.762 en 2021.
S’il a fallu attendre la reprise du trafic aérien chinois à partir de 2022 pour arriver à un chiffre de 27.979 arrivées puis à 59.719 en 2023, le consultant table sur 100.000 visiteurs à la fin de 2024.
Les vols RAM devraient générer 50.000 arrivées chinoises supplémentaires dès 2025
« Opérés à partir de janvier prochain à raison de trois fréquences hebdomadaires, par des Boeing 787-9 Dreamliner d’une capacité de près de 400 sièges, cette route devrait transporter environ 50.000 passagers supplémentaires dont une grande majorité de touristes qui s’ajouteront aux 100.000 chinois prévus à la fin de 2025 via les lignes indirectes », avance le consultant qui estime cependant nécessaire de multiplier le nombre de rotations hebdomadaires de cette ligne avant de commencer à capitaliser sur le potentiel largement sous-exploité du marché des visiteurs chinois.
De plus, la reprise des vols de RAM devra être accompagnée par une grande campagne de communication du transporteur public mais aussi de l’ONMT sur le territoire chinois.
Sachant que de nombreux voyageurs chinois n’hésitent pas à prendre plusieurs vols long-courriers pour visiter le Maroc, notre interlocuteur estime que la promotion du Maroc par RAM aura pour effet d’attirer d’autres compagnies chinoises pour desservir directement la destination marocaine.
Le renforcement des relations bilatérales ouvre la voie à l’arrivée de compagnies chinoises
Et d’ajouter que le Maroc doit être desservi par au moins 3 ou 4 transporteurs réguliers avant de commencer à exploiter l’énorme potentiel du marché chinois avec de vrais résultats significatifs.
Un scénario rendu possible par la multiplication des signatures de contrats d’équipements avec des opérateurs chinois (LGV, entre autres) ainsi que par la récente escale au Maroc du président Xi Jinping qui ont contribué à faire de la publicité pour la destination marocaine et à rassurer les touristes de ce marché.
Tout en se félicitant du rapprochement actuel qui augure une hausse des arrivées chinoises, Bouhoute espère que l’ONMT saura rééditer avec un opérateur chinois « son coup de maître » avec United Airlines qui avait abouti à l’ouverture d’une ligne directe Marrakech-New York.
300.000 à 500.000 arrivées à l’horizon 2030
Après la reprise du vol Casablanca-Pékin, le prochain défi consistera donc à signer un accord avec une compagnie régulière chinoise pour ouvrir un vol long-courrier vers le Maroc.
« Entre la dynamique actuelle de croissance des visiteurs indirects et les 3 rotations par semaine de RAM, le Maroc pourrait être en mesure d’accueillir 300.000 touristes au moment du Mondial de 2030 mais ce chiffre pourrait passer à 500.000 si l’ONMT arrivait à convaincre une compagnie chinoise de desservir le Maroc à raison de 6 fréquences hebdomadaires », conclut, optimiste, Zoubir Bouhoute en insistant sur l’importance de ce marché pour l’avenir du tourisme marocain.